L'OIT veut des mesures d'urgence

G. G. avec AFP

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"Le monde ne peut pas se permettre d'attendre que l'emploi reparte quelques années après la reprise économique". Juan Somavia, secrétaire général de l'OIT, s'est fait très insistant en inaugurant le mini sommet sur l'emploi à Genève. Les présidents français et brésilien Nicolas Sarkozy et Luiz Inacio Lula da Silva y sont attendus dans la journée.

Il faut de "toute urgence initier un mouvement de plus grande convergence" entre les pays qui doivent s'accorder sur les mesures à mettre en place, afin de contrer une crise de l'emploi qui pourrait durer entre quatre et cinq ans de plus que la crise économique. dans la zone euro, le nombre d'emplois a reculé de 0,8% depuis janvier, entraînant la destruction de 1,22 millions d'emplois.

Pacte mondial

Pour cela, le secrétariat de l'OIT prône l'adoption d'un Pacte mondial pour l'emploi qui sera au cœur du mini-sommet devant rassembler durant trois jours une dizaine de chefs d'Etat et de gouvernement, ministres du Travail et représentants syndicaux.

L'idée principale est de mettre l'emploi et la protection sociale au cœur des plans de relance. Actuellement, les gouvernements ont prévu de ne consacrer à ces questions que 10% à 15% des dépenses prévues dans ces plans. "Notre objectif est de mettre en pratique les mesures recommandées par le Pacte mondial pour l'emploi afin d'accélérer la reprise, coordonner internationalement les mesures de telle sorte que personne ne soit laissé de côté ou en arrière", a insisté Juan Somavia.

Leadership

"Ce sommet est à même de mobiliser un leadership pour vaincre cette crise et tracer une feuille de route pour une globalisation juste offrant des opportunités de travail décent à tous", a-t-il encore ajouté.

Selon les prévisions les plus sombres du Bureau international du Travail (BIT, secrétariat de l'OIT), le nombre de chômeurs dans le monde devrait effectuer un bond inégalé en 2009, avec 39 à 59 millions de sans-emploi de plus qu'en 2007.

Sur la base d'une contraction de l'économie mondiale de 1,3% prévue par le Fonds monétaire international (FMI), l'organisation table désormais sur un record absolu de 210 à 239 millions de chômeurs sur la planète pour l'année, soit un taux de chômage compris entre 6,8 et 7,4%.