Le gouvernement relance le débat sur l'âge de départ à la retraite

E24 avec AFP

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"Autour de nous, dans tous les pays européens, on a repoussé l'âge légal de la retraite. Donc cette question n'est pas une question taboue", a déclaré le Premier ministre François Fillon, lundi 15 juin. "C'est une question qui mérite un grand débat national. J'ai déjà indiqué que c'est une question qui devrait faire l'objet d'un débat dans le cadre d'une élection présidentielle ou d'une élection législative", a-t-il ajouté en marge d'une visite au salon du Bourget.

François Fillon était interrogé sur des déclarations dimanche du ministre du Travail Brice Hortefeux, lors de l'émission "Dimanche soir politique" (France Inter/Le Monde/I-Télé). Ce dernier a évoqué trois "pistes" sur la question des retraites: "diminuer les pensions (...), augmenter la durée de cotisation, reporter l'âge de départ à la retraite (...) jusqu'à 67 ans". Brice Hortefeux avait ensuite précisé à l'AFP que ces pistes n'engageaient "en rien" le gouvernement et a redit lundi matin qu'il "n'y a aucune piste privilégiée par le gouvernement".

Rendez-vous en 2010

Mais, le gouvernement, qui avait écarté l'an dernier l'idée de relever au delà de 60 ans l'âge légal de la retraite comme le propose le patronat, rouvre le débat en direction des partenaires sociaux qui devront se pencher sur la question en 2010, au vu de la situation financière de la branche retraite dans les comptes de la Sécurité sociale.

Or ces comptes ne cessent de se dégrader, surtout en pleine crise. Pour Eric Woerth, la crise explique "la moitié du déficit global du régime général avec des impacts différenciés selon les branches" mais le déficit structurel de l'assurance vieillesse est comparativement plus important : sur les 7,7 milliards d'euros, la crise n'explique que 30% du déficit et il reste près de 5,5 milliards d'euros de déficit structurel", a-t-il déclaré. "Cela rend d'autant plus nécessaire le point d'étape que le gouvernement fera avec les partenaires sociaux en 2010", a-t-il ajouté.

Oppositions

Le leader de la CGT, Bernard Thibault, a soupçonné lundi le gouvernement d'épouser "la position du Medef", en soulignant que cette mesure "n'aurait comme conséquence que de diminuer les pensions". La présidente du Medef, Laurence Parisot, s'est prononcée à plusieurs reprises pour un relèvement à 62 ans, voire 63,5 ans. Lors de la négociation sur les retraites complémentaires, en mars, la délégation patronale avait réclamé un report à 61 ans, avant de consentir au statu-quo jusqu'à 2010.

Les réformes successives ont allongé la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein, de 37,5 ans avant 1994 à 41 ans en 2012, mais n'ont pas touché à l'âge légal: les salariés peuvent donc partir à 60 ans, mais avec une pension amputée pour tous ceux d'entre eux qui n'ont pas assez cotisé.