Twitter, c'est bon pour les affaires

Guillaume Guichard

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Trois millions de dollars. C'est le chiffre d'affaires qu'a réalisé par Dell grâce à Twitter ces deux dernières années, a annoncé récemment le fabricant informatique. Et, sur ces six derniers mois, le site de micro-blogging a drainé 1 million de dollars de ventes, ajoute le groupe américain.

Comment la société fait-elle pour générer du chiffre d’affaires via un service gratuit? Elle s’en sert notamment pour proposer des offres spéciales et exclusives. Et ça marche. "Nous observons des clients suivre @DellOutlet sur Twitter et ensuite se rendre sur notre boutique en ligne, et finalement acheter un nouvel ordinateur", décrit sur le blog de Dell Stéphanie Nelson, responsable du compte Twitter de Dell.

L’exemple de Dell n’est pas isolé, même si, avec 640.730 "followers" (personnes qui suivent son actualité), c’est un exemple hors du commun. Twitter est un phénomène de masse (32 millions d’utilisateurs) et commence en effet à intéresser de plus en plus d’entreprises.

D’autres entreprises ont une autre approche. Elles ne cherchent pas à monétiser directement leur présence sur Twitter. C’est le cas de la chaîne de magasins HomeDepot, aux Etats-Unis, (8.800 followers), ou de la compagnie aérienne JetBlue (662.600 followers). Ces sociétés ne gagnent peut-être pas d’argent grâce à Twitter, mais elles s’en servent pour dialoguer avec leurs clients, les conseiller et les accompagner dans leurs choix. L’ambition de ce genre de compte d’entreprises: se rapprocher des consommateurs. Et donc, in fine, de les fidéliser.

Paradoxalement, si certaines entreprises profitent de Twitter, ce dernier ne récolte pas un centime de ces activités professionnelles. Or, comme de nombreuses sociétés Internet, elle rencontre un problème de recettes. D'où l'idée de développer des options pour les usagers professionnels. Biz Stone, cofondateur du service de microblogging, a d'ailleurs affirmé en mai qu’il ne souhaitait pas baser ses revenus sur la publicité, mais plutôt sur des services premium destinés aux utilisateurs commerciaux.

Naked Pizza, petite pizzeria de la Nouvelle-Orléans, pourrait bien faire partie des premiers clients de ces futurs services. Selon son gérant, cité par Reuters, elle réalise 20% de son chiffre d’affaires grâce aux commandes passées par ses 4.370 "followers".