Quand Twitter rend la SEC nerveuse

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Twitter devient un nouvel outil de communication de plus en plus populaire auprès des certaines entreprises. Mais lorsqu'il s'agit de s'adresser aux investisseurs par l'intermédiaire de ce média, le gendarme boursier américain devient plutôt nerveux et se permet quelques rappels à l'ordre.

Dernier cas en date, le site de ventes aux enchères eBay. La SEC a demandé que les informations financières diffusées sur le blog de l'un de ses employés soient accompagnées de l'avertissement d'usage sur les éventuelles prévisions que pourraient contenir les messages diffusés. Et l'employé en question a dû s'y conformer à la demande des avocats de la société, selon le Wall Street Journal.

Les tracas de la SEC ne font apparemment que commencer. Selon une enquête réalisée par le Center for Marketing Research pour le compte de la Society for New Communications Research, 81% des entreprises faisant partie du classement Fortune 500 entretiennent un blog. Et 28% des entreprises ayant un blog proposent un lien vers un compte Twitter, ce qui reste encore limité. Mais le phénomène prend de l'ampleur. Ces outils ne sont pas que l'apanage des entreprises du secteur technologique, puisque l'on retrouve des noms aussi variés que Wal-Mart, Chevron, General Motors, Ford ou Bank of America.

D'autres innovations sont en cours de test dans certaines entreprises. Intel va ainsi permettre à ses actionnaires de poser des questions via Internet et voter par le même biais lors de son assemblée générale. Le premier fabricant mondial de puces rechigne en revanche à autoriser le développement de blogs ou de comptes Twitter pour éviter de faire face à des plaintes de clients, mais aussi de peur de ne pas respecter les règles de la SEC.

Dans le cas d'eBay, le bloggeur en question - Richard Brewer-Hay - a été recruté par la firme en janvier 2008 pour redorer son image. Mais au fil du temps, le ton plutôt libre employé par ce bloggeur a évolué, de l'avis de plusieurs internautes interrogés par le Wall Street Journal. Et désormais, ses commentaires sur les résultats de la firme sont davantage encadrés et reprennent le discours officiel de l'entreprise.

L'expression "libre" sous forme de blogs ou via Twitter, qui permet une certaine spontanéité, devra au préalable faire l'objet d'un cadrage par les communicants des entreprises. Et celles qui sont cotées en Bourse devront s'assurer que l'information financière qui pourrait être diffusée l'aura déjà été préalablement par des moyens plus classiques (communiqués de presse).