Twitter: 87 dollars les 1.000 "followers"

Guillaume Guichard

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Twitter peut rapporter de l'argent aux entreprises. Pour cela, il faut qu'elles soient populaires sur le site de micro-blogging, c'est-à-dire qu'elles aient beaucoup de personnes abonnées à leurs comptes (gentillement appelés les "followers"). Pour leur faciliter la tâche, une société australienne, uSocial, a décidé de mettre en vente des "followers".

Leur prix? 87 dollars les 1.000 followers, 4.970 dollars les 100.000. D'après uSocial, un compte utilisateur vaut en effet 10 cents par mois. A charge de l'entreprise d'ensuite rentabiliser cet investissement via des liens vers des publicités ou des boutiques en ligne.

30.000 abonnés

"Nous avons reçu des marques d'intérêt de la part d'églises, de blogs automobiles et de grandes sociétés du Fortune 500", assure Leon Hill, directeur exécutif de uSocial, dans un communiqué. La preuve que cela fonctionne, d'après lui: les trois comptes de uSocial comptabilisent près de 30.000 abonnés après sept semaines d'activité.

La technique? uSocial repère les "followers" potentiels via les sujets auxquels ils s'intéressent. Puis il leur envoie un message leur suggérant de suivre le compte du client. Une procédure non agressive, selon Leon Hill, interviewé par la BBC: "au final, c'est l'utilisateur qui décide ou non de suivre notre client".

150 clients

Le discours de uSocial semble avoir convaincu: la société compterait déjà 150 clients, dont, par exemple, une professeure de Yoga. Comme il s'agit d'augmenter son audience, les hommes politiques aussi pourraient être intéressés. Alain Lambert, sénateur de l'Orne et vice-président de la Commission des finances, mais surtout twitteur très actif, est "favorable" à ce genre de service: "ça ne me choque pas d'acheter des followers que je ne pourrais pas découvrir par moi-même. (…) Je serais prêt, par exemple, à payer pour être suivi par des journalistes car je juge que mes idées méritent d'être connues!", affirme-t-il à E24.

Risques

Certains émettent cependant des doutes après l'annonce de uSocial. La société elle-même le reconnait: "même si nous avons reçus en grande majorité des retours positifs, nous avons reçu quelques échos négatifs sur nos services". Certains utilisateurs pourront en effet être agacés par les requêtes de uSocial, qui pourrait être assimilées à du "spamming", c'est-à-dire des messages commerciaux non sollicités.

Déjà, le service de microblogging doit faire face à des abus de la part de sociétés qui suivent massivement les utilisateurs. Afin de lutter contre ces comportements, Twitter a d'ailleurs limité à 1.000 le nombre de personnes que l'on peut suivre par jour.