L'Afrique, un «continent d'avenir» pour la France

ECONOMIE Le sommet à Nice a pour objectif de relancer les relations avec le continent...

Catherine Fournier

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Un bateau du groupe français de services maritimes Bourbon et ses neuf membres d'équipage, capturés au large des côtes du Nigeria ce week-end, ont été relâchés, a annoncé mercredi la société.
Un bateau du groupe français de services maritimes Bourbon et ses neuf membres d'équipage, capturés au large des côtes du Nigeria ce week-end, ont été relâchés, a annoncé mercredi la société. — Pius Utomi Ekpei AFP/Archives

Une rencontre sous le signe de l'économie. Pour la première fois, le 25e sommet Afrique-France à Nice s'ouvre aux représentants du monde de l'entreprise. Quelque 80 chefs d'entreprises français et 150 chefs d'entreprises africains ainsi que des représentants syndicaux sont présents. Objectif: renouer les relations économiques avec un continent «d'avenir», sur le modèle du «Trade, not aid» (du commerce, pas de l'aide) anglo-saxon. Quels intérêts pour la France? 20minutes.fr fait le point.
 
«Un gage de stabilité»
En cette période de crise économique européenne, la France a tout intérêt à renouer avec son vieux partenaire. «C'est un gage de stabilité», explique Jean-Paul Gourévitch, spécialiste des relations France-Afrique, qui précise que l'Afrique, dont la croissance a explosé en 2007-2008, pourrait bientôt «être solvable». Or, il y a un certain retard à rattraper. «Depuis 2005, nous avons perdu notre place de premier fournisseur au profit de la Chine mais aussi de l'Inde du Brésil et de la Corée, notamment dans le domaine des infrastructures», poursuit le spécialiste.
 
Une population en expansion
«L'Afrique est un continent d'avenir», estime Jean-Marc Gravellini, directeur du département Afrique de l'Agence française de développement. Et pour cause, «en 2050, un habitant de la planète sur cinq sera Africain», pronostique-t-il. Si cette population jeune et nombreuse «pose question en termes de débouchés et d'emploi, elle est représente aussi une véritable opportunité de croissance et de développement pour le continent», analyse-t-il.
 
Un énorme potentiel en ressources naturelles
Que ce soit en matières premières, en eau ou en terres, l'Afrique est un réservoir de ressources naturelles inexploitées. La France peut réaliser des investissements «dans le secteur agricole mais aussi dans le secteur de l'énergie», estime Jean-Marc Gravellini, précisant notamment que «moins de 15% du potentiel hydroélectrique est exploité.» Selon lui, le secteur des énergies renouvelables, comme le solaire, la géothermie et l'éolien, peuvent aussi être investis.
 
De nouveaux secteurs à exploiter
Outre les ressources naturelles, d'autres secteurs peuvent être explorées par la France, ajoute Jean-Paul Gourévitch: celui de l'automobile, des banques et de la grande distribution. «Avec Carrefour, Leader, Casino ou encore Auchan, nous avons déjà essaimé sur le continent. Mais nous pourrions désormais nous associer avec des enseignes locales», précise le spécialiste.
 
De nouvelles zones géographiques à conquérir
«La majorité des investissements de la France en Afrique (85%) se font dans la zone "franc"», rappelle Jean-Paul Gourévitch. Signe d'une volonté de changement, Nicolas Sarkozy a ainsi décidé de s'entretenir en tête-à-tête avec les chefs d'Etat de deux pays anglophones: Jacob Zuma, président de l'Afrique du Sud, et Goodluck Jonathan, président du Nigeria, grand exportateur de pétrole.
 
Contenir les flux migratoires
Selon Jean-Paul Gourévitch, c'est l'une des motivations en creux de la relance des partenariats économiques. «En favorisant le développement de l'Afrique, cela peut freiner les migratoires et même inciter des Africains partis à réinvestir dans leur pays», observe-t-il.
 

Une charte de l'entrepreneur en Afrique
Histoire d'en finir avec l'image de la françafrique, Nicolas Sarkozy veut faire adopter à l'occasion de ce sommet une charte de l'entrepreneur en Afrique. Les sociétés françaises installées sur le continent africain devront ainsi souscrire des engagements clairs au service des pays qui les accueillent dans le domaine de la formation, du respect des normes sociales et environnementales ou encore en matière de sous-traitance. Objectif, selon Jean-Paul Gourévitch, «faire la différence avec les pays en développement concurrents en Afrique».