La facture de l'électricité est appelée à monter énergiquement

CONCURRENCE Un projet de loi veut «moderniser» le marché...

Gilles Wallon

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EDF veut une hausse de tarif, notamment pour financer l'entretien des centrales.
EDF veut une hausse de tarif, notamment pour financer l'entretien des centrales. — CHAMUSSY / SIPA

La hausse des factures d'électricité est en marche. La faute à qui? A la concurrence. Voilà quelle pourrait être la conséquence d'une future loi, actuellement étudiée par une commission de députés, et qui sera examinée au début de l'été. Baptisée «loi Nome», pour «nouvelle organisation du marché de l'électricité», son but est de faire respecter en France les règles de la concurrence, édictées par la Commission européenne.

Vendre 25% de la production d'EDF à ses adversaires

Car dans le marché de l'énergie, en France, il y a EDF... et tous les autres. L'opérateur historique, dont l'Etat reste actionnaire, gère l'ensemble des centrales nucléaires du territoire, et conserve une part de marché écrasante (95%) chez les particuliers.
La loi Nome veut mettre un terme à cette situation de monopole, en obligeant EDF à vendre 25% de sa production d'énergie à ses adversaires directs, tels que Poweo, Direct Energie, ou GDF Suez. Mais à quel prix? EDF, bien sûr, réclame un tarif élevé: entre 42 et 45 € le mégawattheure (MWh). En dessous, ce serait du «pillage», affirme son PDG, Henri Proglio. En face, la Commission de régulation de l'énergie (CRE), qui supervise le secteur, souhaite un tarif compétitif: entre 34 et 37€. A 42€ le MWh, les «petits» distributeurs devraient augmenter leurs tarifs de plus de 10%...

Une hausse inéluctable

Mais quelle que soit l'issue de la bataille, la facture finira bien par grimper. Depuis des années, EDF souhaite une hausse du tarif réglementé. Le groupe estime en avoir besoin pour financer ses travaux d'entretien des centrales nucléaires. Et le prix français de l'électricité reste inférieur de près d'un tiers à la moyenne européenne. «La question n'est pas de savoir si les prix vont augmenter, mais quand et comment», affirmait la semaine dernière Denis Merville, médiateur national de l'énergie.