20 Minutes : Actualités et infos en direct
infl-eau-tionVers une augmentation du prix de l’eau du robinet ?

Eau du robinet : Le prix va augmenter, prévient la fédération des entreprises privées de l’eau

infl-eau-tionL’eau du robinet française est parmi les moins chères d’Europe, selon le service public d’information EauFrance, mais ça pourrait bien changer
En moyenne, les ménages dépensent 348 euros par an à l'eau mais ce budget va augmenter de façon « inéluctable ». (PHOTO D'ILLUSTRATION)
En moyenne, les ménages dépensent 348 euros par an à l'eau mais ce budget va augmenter de façon « inéluctable ». (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Getty Images / Canva / Canva
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Economique, fiable, l’eau qui coule des robinets hexagonaux fait des heureux. L’immense majorité des Français en sont satisfaits (90 %). Mais ils vont devoir s’habituer à « des prix amenés à augmenter », prévient la fédération des entreprises privées de l’eau (FP2E). S’appuyant sur une étude pluriannuelle présentée mardi en présence d’élus, de représentants agricoles, de consommateurs, d’autorités sanitaires et de chercheurs, les professionnels ont livré un raisonnement en apparence implacable, évoquant « un mur d’investissements » et les faibles recettes actuelles.

Réalisée par le cabinet d’audit BDO, l’étude chiffre à 0,8 % la part que les ménages français consacrent à l’eau dans leur budget (en moyenne 348 euros/an), en se référant à des données de l’Insee. « Des dépenses contenues », souligne l’étude, et une eau parmi les moins chères d’Europe selon le service public d’information EauFrance. L’étude note aussi le comportement plus économe en eau de la part de la population, par rapport à la décennie 2000.

« Inéluctable » hausse du prix de l’eau

Une évolution que le gouvernement souhaite amplifier avec le plan Eau de mars 2023, dont l’objectif est d’accompagner la myriade de collectivités gérant les services d’eau (13.851 en 2022) vers au moins 10 % d’économies d’eau d’ici 2030. « Cette réduction des volumes, c’est ce que nous attendions tous collectivement », a souligné mardi le directeur général Eau France de Suez, Arnaud Bazire, président de la FP2E depuis juillet.

Mais « si les volumes continuent à décroître, cela pose un problème sur la façon de pérenniser le financement du réseau », a-t-il prévenu. Dans un avis voté le 29 novembre, le Conseil économique social et environnemental (Cese) parle lui aussi de hausse « inéluctable » du prix de l’eau. D’autant que le secteur s’estime « en première ligne » du changement climatique qui rend l’eau plus rare, pèse sur sa qualité et aiguise les conflits entre usagers.

De 0,89 à 10,95 euros par m3

En dix ans, plus de la moitié des départements métropolitains (51) ont subi une diminution supérieure à 5 % du débit annuel moyen de leurs cours d’eau, souligne le rapport de la FP2E. Parallèlement, l’étude chiffre le volume d’eau prélevé pour la production d’eau potable en France métropolitaine à 5,3 milliards de m3 en moyenne depuis 2012, soit 220 litres par jour et par habitant en 2021. Cela représente 500 millions de m3 de moins en moyenne que dans les années 2000 alors que la population a augmenté.

Selon l’étude BDO, le prix médian au robinet a atteint 4,02 euros TTC par m3 en 2021 (50 % des Français payaient moins, 50 % payaient plus), avec d’importantes disparités, de 0,89 à 10,95 euros TTC par m3. Les différences s’expliquent par la géographie locale, des facteurs techniques comme la diminution des fuites sur le réseau, qui globalement s’améliore depuis dix ans en France selon les industriels du secteur. Le prix enfin dépend aussi de la présence ou non d’industries, de la saisonnalité de la population (tourisme) et surtout, des choix d’investissements.

Sujets liés