Vincent Bolloré peut enfin s’offrir le groupe Lagardère après une longue bataille

géant Vincent Bolloré, entré en avril 2020 via son groupe Vivendi au capital de son concurrent Lagardère, va pouvoir prendre le contrôle dans les prochaines semaines

20 Minutes avec AFP
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La prise de contrôle de Vivendi sur Lagardère devrait intervenir dans les prochaines semaines.
La prise de contrôle de Vivendi sur Lagardère devrait intervenir dans les prochaines semaines. — SYSPEO/SIPA

Vers la fin d’une bataille. Trois ans et sept mois : c’est le temps qu’il a fallu au magnat français des médias Vincent Bolloré, entré en avril 2020 via son groupe Vivendi au capital de son concurrent Lagardère, pour être en mesure de devenir officiellement le patron. Ce mardi, le géant français des médias a annoncé la finalisation de son rapprochement avec son ancien rival.

« Nous ne pensions pas que cela serait aussi long », ont soufflé les patrons des deux groupes, Yannick Bolloré et Arnaud Lagardère, dans un entretien croisé au Figaro, accompagnés sur la photo du patriarche Vincent Bolloré, 71 ans, qui savoure la fin heureuse d’une des grandes opérations de sa carrière.

Cette semaine, Vivendi a finalisé coup sur coup la cession de ses maisons d’édition Robert Laffont, Le Robert, Nathan ou encore Plon, rassemblées dans le groupe Editis, et celle de son magazine Gala. Il s’agissait des ultimes remèdes exigés par la Commission européenne pour préserver la concurrence dans les secteurs de l’édition et de la presse « people ». L’institution ne devrait plus faire obstacle à la prise de contrôle du groupe par la maison mère de Canal+ et d’Havas, attendue dans les prochaines semaines.

Le groupe passe de 38.000 à « environ 66.000 salariés présents sur tous les continents », et son chiffre d’affaires progresserait, sur une base comparable à celle de 2022, de 72 % à 16,5 milliards d’euros. Par comparaison, le géant allemand Bertelsmann pèse 83.000 salariés pour 20 milliards d’euros de recettes.

Vivendi, troisième plus gros groupe mondial d’édition

Vivendi possède près de 60 % des actions de son rival, mais se devait d’attendre l’accord des autorités européennes de la concurrence pour exercer pleinement les droits de vote associés. Depuis l’annonce de l’OPA de Vivendi sur Lagardère en septembre 2021, la perspective d’un rapprochement, voire d’une fusion entre les deux premiers éditeurs français Editis et Hachette Livre (Grasset, Fayard, Livre de poche ou Hatier), qui plus est orchestrée par un homme d’affaires aux opinions réputées conservatrices, avait suscité l’émoi des éditeurs indépendants, des auteurs et des libraires.

Au fil des mois, Bruxelles a obtenu de Vincent Bolloré qu’il cède Editis en totalité au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. Cette transaction s’est finalement réalisée pour un montant total de 653 millions d’euros, bien loin des 829 millions d’euros déboursés en 2019 pour acquérir le groupe.

Mais cette importante décote et la cession à contrecœur de Gala au Figaro restent un moindre mal pour Vivendi, qui devient le troisième groupe mondial d’édition par la taille (un atout pour la production d’histoires et de séries à grande échelle), acquiert un réseau mondial de distribution dans les gares et aéroports et met la main sur trois médias nationaux d’information (le JDD, Paris Match et Europe 1).