L'Allemagne renforce sa lutte contre la spéculation, les bourses s'inquiètent

FINANCES Certaines opérations sont interdites...

Avec agence

— 

Des traders à la Bourse de Franckfort, le 4 mai 2010.
Des traders à la Bourse de Franckfort, le 4 mai 2010. — M.LECKEL/REUTERS

L'Allemagne renforce sa lutte contre la spéculation et veut le faire savoir: après avoir suspendu des opérations de marché sophistiquées, elle espère un front européen au prochain G20 sur la réglementation financière.

Depuis mardi minuit l'autorité allemande des marchés financiers (Bafin) a interdit jusqu'au 31 mars 2011 des opérations de marché complexes sur certains produits financiers accusés d'encourager la spéculation contre les pays les plus endettés de la zone euro.

Résultat: les Bourses mondiales traversaient mercredi matin une nouvelle zone de turbulences, au diapason de l'affaiblissement persistant de l'euro.

Pertes importantes pour les bourses européennes

Après avoir ouvert en nette baisse les Bourses européennes, qui s'étaient redressées mardi, creusaient leur pertes à la mi-journée. Peu après midi, Paris reculait de 2,74%, Londres de 2,46%, Francfort de 2,73%.

Les places financières asiatiques n'ont pas été épargnées, Hong Kong cédant 1,83%, Shanghai 0,27% et Tokyo 0,54%.

Les Bourses américaines avaient été les premières à réagir mardi soir à l'annonce de l'Autorité allemande des marchés financiers (Bafin) d'interdire «à partir de minuit» certaines ventes à découvert portant notamment sur les emprunts d'Etats de la zone euro.

Vendre des titres non possédés encore

Ce type de transactions permet à des opérateurs de marchés boursiers, grâce à des mécanismes financiers sophistiqués, de vendre des titres qu'ils ne possèdent pas encore, avec l'espoir de les racheter à un moindre prix.

Outre les emprunts d'Etats de la zone euro, l'interdiction du régulateur allemand concerne les ventes à découvert sur certains types de CDS (Credit default swaps, c'est-à-dire une sorte d'assurance contre le risque de faillite d'un pays ou d'une entreprise), et sur les actions de 10 institutions financières (banques et assurances). Le marché des CDS a d'ailleurs fortement chuté en Europe, selon l'agence financière Dow Jones.

Plusieurs fois suspendues, ou limitées sur les grandes places financières mondiales, les ventes à découvert ont été à de nombreuses reprises montrées du doigt depuis le début de la crise financière.

Agir ensemble

A la suite de la décision surprise de l'Allemagne, la Commission européenne a prôné mercredi une coordination au niveau européen.

«Il est important que les Etats membres agissent ensemble et que nous mettions en place rapidement un régime européen qui permette d'éviter les arbitrages réglementaires et la fragmentation, à l'intérieur de l'Union Européenne, mais aussi au niveau global», a souligné Michel Barnier, commissaire en charge du Marché intérieur et des Services financiers. Alors qu’Angela Merkel appelait ses partenaires à prendre modèle sur l’Allemagne.