L'Espagne se lance à son tour dans une cure d'austérité radicale

CRISE DE LA ZONE EURO Madrid va notamment réduire de 5% en moyenne les salaires des fonctionnaires...

E. M. (avec agences)

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Le PP cherche à masquer "ses propres problèmes" en "attaquant les autres", a rétorqué M. Zapatero, en référence à la guerre entre factions rivales au sein de la formation conservatrice.
Le PP cherche à masquer "ses propres problèmes" en "attaquant les autres", a rétorqué M. Zapatero, en référence à la guerre entre factions rivales au sein de la formation conservatrice. — Pierre-Philippe Marcou AFP/Archives

La rigueur gagne l'ensemble de l'Europe. Après la Grèce, l'Espagne se lance à son tour dans une cure d'austérité, sous la pression de l'UE et des marchés.

Le chef du gouvernement socialiste espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a annoncé mercredi un nouveau traitement de choc pour accélérer la réduction des déficits publics.

«Ce n'est pas facile pour le gouvernement d'approuver» ces décisions, a-t-il reconnu devant les parlementaires.


Mesures impopulaires

Les mesures risquent en tout cas de mal passer auprès de la population, déjà très touchée par la crise. Le taux de chômage en Espagne est supérieur à 20% de la population active.

José Luis Rodriguez Zapatero compte notamment réduire de 5% en moyenne les salaires des fonctionnaires à partir de juin 2010 et les geler en 2011. Les membres du gouvernement vont eux-mêmes diminuer leur rémunération de 15%.

La revalorisation des retraites va également être gelée en 2011, sauf pour les plus petites pensions, et l'aide à la naissance de 2.500 euros sera supprimée.

L'exécutif socialiste réduira aussi l'aide au développement et ses investissements publics d'ici l’année prochaine. Les collectivités locales seront enfin appelées à participer à l'effort de rigueur: le gouvernement va leur demander de faire 1,2 milliard d'euros d'économies supplémentaires.


Pression de l'UE et des marchés

Il y a encore une semaine, José Luis Rodriguez Zapatero excluait toute mesure d'austérité pour ne pas gêner la timide reprise économique.

Mais l'UE a exigé dimanche des efforts budgétaires importants en échange de son plan de secours inédit pour les pays de la zone euro en difficulté.

Madrid s'est alors engagée à prendre des mesures supplémentaires «significatives» pour réduire ses déficits de 11,2% du PIB en 2009 à 3% du PIB d'ici à 2013.

Difficultés de l'Espagne

Car comme le Portugal, l'Espagne est l'un des pays qui pourrait avoir besoin de l'aide de ses voisins européens. En proie à des difficultés budgétaires et surtout à des perspectives de croissance pessimistes, le pays subit la pression des investisseurs. 

Inquiets de sa capacité  à rembourser ses dettes, les marchés ont augmenté le coût auquel l'Espagne peut emprunter de l'argent.

Et si cette hausse continue, Madrid, comme Athènes, pourrait faire appel à l'UE pour obtenir des liquidités.