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rengaineLe pic de production et de demande pour le pétrole, c’est pour quand ?

Demande, production… Le pic pétrolier a-t-il déjà été atteint ?

rengaineOn en parle depuis des décennies, et la réponse est toujours incertaine. La demande mondiale de pétrole va-t-elle être amenée à décélérer rapidement ?
Production de pétrole aux Etats-Unis (illustration).
Production de pétrole aux Etats-Unis (illustration). - Charlie Riedel/AP / SIPA
O.O avec AFP

O.O avec AFP

L'essentiel

  • Dans son rapport 2023 sur le pétrole, l’Agence internationale de l’énergie estime, pour la première fois, que le pic de la demande en pétrole sera atteint « avant la fin de la décennie ».
  • L’Agence prédit un resserrement des marchés pétroliers dans les prochains mois sous l’effet de la baisse de production des pays de l’Opep.
  • Dans ce contexte, le géant pétrolier Shell a indiqué son intention de suspendre la réduction de sa production, estimant que son objectif de baisse de production a été atteint plus tôt que prévu.

Bientôt un monde sans pétrole ? L’Agence internationale de l’énergie (AIE), pour la première fois, dessine un pic de la demande mondiale d’or noir « avant la fin de la décennie ». Dans son rapport annuel, l’organisation table sur des prédictions plus optimistes que l’an dernier. En 2022, l’AIE estimait que le pic interviendrait en 2035.

Mais la crise énergétique et les conséquences de la guerre en Ukraine l’ont poussé à affiner son analyse. Grâce à « l’essor de la voiture électrique », l’utilisation du pétrole « comme carburant de transport devrait décliner » après 2026. Avec, dans un premier temps, une hausse de la demande globale, avant d’atteindre ce fameux pic en 2028. Malgré ses conclusions optimistes, l’AIE appelle le monde pétrolier à « calibrer ses investissements pour assurer une transition ordonnée ».

Le monde pétrolier, justement, n’a pas semblé réactif à ces enseignements. Ce mercredi, le géant pétrolier Shell s’est dédit. Alors que l’entreprise britannique avait annoncé en 2021 des objectifs de réduction de production de 1 % à 2 % par an, elle a fait volte-face : désormais, sa production de pétrole sera stable jusqu’en 2030. Pour se justifier, le groupe assure vouloir apporter de « la sécurité énergétique », et affirme avoir déjà rempli les objectifs fixés. « Notre objectif n’a pas changé, nous l’avons juste atteint huit ans plus tôt que prévu », a assuré un porte-parole du groupe.

La transition de l’Europe d’un côté, la demande du reste du monde de l’autre ?

Une attitude qui semble aller à rebours des plus gros pays producteurs de l’Opep. L’un de leurs poids lourds, l’Arabie Saoudite, a annoncé il y a quelques jours une nouvelle baisse de production de pétrole, dans le but de faire remonter le prix des cours. L’été dernier, lors d’une rencontre avec son allié américain, Mohamed Ben Salmane, le prince héritier, avait estimé que son pays atteindrait son pic de production en 2027, avec 13 millions de barils par jour.

« Les perspectives d’offre étant déclinantes, soit nous adaptons notre demande de façon volontaire et planifiée, soit elle devra s’adapter de façon forcée par le prix », jugeait alors sur Twitter Maxence Cordier, ingénieur au CEA, en réaction à cette annonce.

D’autres experts ne croient pas au déclin rapide du pétrole. Certes, « la demande totale en combustibles fossiles diminuera considérablement dans de nombreux pays occidentaux », estime l’économiste belge Johan Albrecht, interrogé par le média Business Am.

Selon lui, les pays exportateurs de pétrole sont attentifs à la transition énergétique européenne, tout en continuant de développer d’autres marchés. « Dans le reste du monde, en Asie, en Afrique, et en Amérique latine, la demande en combustibles fossiles continue de croître fortement », souligne-t-il. En dépit des incertitudes sur la croissance économique mondiale, l’Opep a indiqué maintenir sa prévision de demande sur le pétrole en 2023, comme le rappelle Le Figaro.

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