Sommet social: certaines mesures «anti-crise» ne risquent rien, d'autres sont en danger

ECONOMIE 20minutes.fr vous dit lesquelles...

B.D.

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Nicolas Sarkozy, François Fillon, et Christine Lagarde, lors du sommet social à l'Elysée, le 10 mai 2010.
Nicolas Sarkozy, François Fillon, et Christine Lagarde, lors du sommet social à l'Elysée, le 10 mai 2010. — CHISTOPHE ENA/AP/SIPA

Un point sur les mesures anti-crise. Nicolas Sarkozy a convié les dirigeants des organisations syndicales et patronales ce lundi à partir de 16h à l’Elysée pour un sommet social. Cette réunion sera, selon l’Elysée, «l'occasion d'un examen des questions économiques, industrielles et d'emploi afin de dresser un bilan partagé des mesures prises face à la crise et des suites qu'il convient de leur réserver».

Lors de leur dernière rencontre, le 15 février, Nicolas Sarkozy avait promis que ce sommet serait «l'occasion de juger de ce qui a été le plus efficace, des mesures qu'on peut interrompre, de celles qu'il faut au contraire maintenir, voire renforcer». Mais, avec la crise monétaire et le tour de vis budgétaire en toile de fond, certaines mesures risquent de se voir réduites à la portion congrue.

Les mesures qui devraient êtres confirmées

L'Elysée devrait annoncer qu'elle va prolonger certaines mesures en faveur de l'emploi, qui est toujours la «priorité» du Président:

- Le dispositif d'«activité partielle longue durée», qui autorise les entreprises en difficulté à pratiquer de longues périodes de chômage partiel, devrait ainsi être pérennisé.

Outre le chômage partiel, d'autres aides financières de l'Etat aux entreprises pourraient être reconduites à l'issue du sommet:

- le «Plan urgence jeunes», qui date d’avril 2009, au moment où les entreprises ne voulaient plus prendre d'apprentis ni de jeunes en contrat «pro»

- le dispositif «Zéro charges», qui exonère les très petites entreprises (TPE) de moins de dix salariés de cotisations patronales, pourrait être reconduit, mais en le recentrant sur l'embauche de seniors

Les mesures qui devraient êtres rabotées

Les syndicats craignent que les aides directes accordées en 2009 aux ménages à faibles revenus soient dans le viseur de l’Elysée.

Pourraient faire les frais de la rigueur:

- la réduction d'impôts (suppression des deux derniers tiers provisionnels) dont ont bénéficié les contribuables payant la première tranche d'impôt sur le revenu en 2009

- la prime de 500 euros pour certains chômeurs non indemnisables, instaurée en avril 2009

Les cinq syndicats conviés vont réclamer la suppression des mesures qui «posent problème parce qu'elles ont conduit à des effets d'aubaine» (allégements de charges, «zéro charges» ou encore auto-entreprise), et insisteront aussi sur la nécessité de ne pas rogner sur les dépenses sociales et d'emploi, pour ne pas couper dans son élan la timide reprise économique qui s’annonce.