Alimentation : Les « viandes » végétales sont-elles bonnes pour la santé ?

VEGE FOOD A base de légumineuses, de céréales ou de légumes, ces produits constituent une alternative à la viande

Noémie Penot
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Illustration de nuggets de pois chiches de la marque Hari&Co.
Illustration de nuggets de pois chiches de la marque Hari&Co. — Hari&Co
  • Depuis quelques années, les produits simili-carnés ont débarqué dans les rayons. Steaks, nuggets, chipolatas, aiguillettes… Le choix est large.
  • Composés de légumineuses, de céréales ou encore de légumes, ces recettes sont présentées comme « simples et bonnes pour la santé » par les marques.
  • Qu’en est-il réellement ? 20 Minutes a posé la question à deux diététiciens nutritionnistes.

Des steaks, des boulettes, des aiguillettes, des chipolatas, des lardons… mais sans chair animale. Depuis plusieurs années, des marques ont introduit dans les rayons des supermarchés une multitude de produits végétaux simili-carnés pour les végétariens, véganes ou flexitariens. Une offre souvent présentée comme bonne pour la santé. Mais qu’en est-il vraiment ? Peut-on foncer les yeux fermés sur les chipos végétales alors que la saison des barbecues a démarré ? 20 Minutes a posé la question à deux diététiciens nutritionnistes.

Que contiennent les viandes végétales ?

Principalement du soja, du pois chiche, des céréales ou des légumes. « Des protéines de pois, des arômes naturels, des épices ou des herbes aromatiques », précise Cédric Meston, le cofondateur de la marque HappyVore, concernant ses produits.

Chez Hari & Co et sa « vie en légumineuses », on promet là aussi des recettes saines. « Nous utilisons très peu de produits transformés, pas d’additifs », assure le cofondateur, Emmanuel Brehier.

Comment décoder la liste d’ingrédients ?

Difficile de s’y retrouver dans la liste de tous les ingrédients présents dans ces produits végétaux. Exemple chez HappyVore, où la « maltodextrine » et la « méthycellulose » apparaissent. Cette dernière, une fibre de bois, est utilisée comme texturant, tandis que « la maltodextrine - des glucides issus de l’amidon de blé ou maïs - est un exhausteur de goût », explique le nutritionniste Raphaël Gruman. « Même si vous n’avez pas le glossaire des additifs, plus il y a des composants que vous ne connaissez pas, plus il faut éviter », alerte Florence Foucault, diététicienne. Par ailleurs, « plus l’ingrédient est haut dans la liste, plus il est présent », précise-t-elle. 

Et le Nutri-Score, peut-on lui faire confiance ? Oui, selon la professionnelle. « Il prend en compte les calories, les acides gras saturés, les sucres et sel, c’est un bon indice quant à la qualité nutritionnelle du produit ».

Le fait maison reste grandement recommandé. « Quinoa, boulgour, lentilles… on peut préparer des galettes ou des falafels en cuisinant des produits bruts », dit Raphaël Gruman.



Faut-il limiter sa consommation de viande végétale ?

Les professionnels contactés conseillent de la modérer. « On passe souvent à côté de tous les produits transformés qui les composent et on perd l’aspect nutritionnel », indique Raphaël Gruman. « J’invite les consommateurs à se diriger vers les produits dont la liste d’ingrédients est la plus courte, explicite, et qui contient le moins de sel, de gras, et de sucre », conseille Florence Foucault. « Et maximum deux fois par semaine ».

Attention enfin au changement brutal d’habitudes alimentaires. « Passer d’un régime omnivore à presque végétarien doit se faire de manière crescendo, car le colon ne sera pas habitué à devoir digérer autant de fibres, et des troubles intestinaux peuvent apparaître ». Il faut donc accompagner cette transition : « Il vaut mieux privilégier les légumineuses broyées, comme dans le houmous, car les fibres seront cassées et agiront moins ; ou préférer le quinoa aux pois chiches, car ses fibres sont plus douces », recommande Raphaël Gruman.