Pour Joseph Stiglitz, «l'avenir de l'euro sera peut-être très bref»

CRISE Le prix Nobel d'économie se montre pessimiste pour la monnaie européenne...

C. F. (avec agence)

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Des euros
Des euros — JAUBERT/SIPA

«C'est peut-être la fin de l'euro.» C'est le sombre présage du prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz. Interrogé par la radio BBC 4, il a estimé que le plan d'aide UE-FMI à la Grèce, assorti d'un plan d'austérité dont il a critiqué la sévérité, ne ralentirait pas l'ardeur des spéculateurs à miser sur un affaiblissement de la zone euro. «Les conditions apparemment excessivement dures imposées à l'Espagne», a-t-il dit en faisant un lapsus, «seront en réalité contre-productives pour prévenir une contagion».

Les analystes signalent en général l'Espagne comme le prochain pays de la zone euro à pouvoir connaître les mêmes difficultés que la Grèce.

A la merci des spéculateurs

«Quand on aura vu à quel point il a été difficile à l'Europe d'adopter une position commune pour aider un des plus petits pays, on réalisera que si un pays un peu plus grand a des difficultés, il est probable que l'Europe aura encore plus de mal» à se mettre d'accord, a-t-il dit.

«Donc je pense que l'espoir que (cette aide) nuira aux pressions spéculatives est probablement infondé: ça peut marcher pendant quelque temps, mais à long terme, tant que les problèmes institutionnels fondamentaux seront là, les spéculateurs sauront qu'ils existent, et au fur et à mesure que les faiblesses de l'Europe s'aggraveront je pense qu'ils s'en donneront à coeur joie.»

Si l'Europe «ne règle pas ses problèmes institutionnels fondamentaux, l'avenir de l'euro sera peut-être très bref», a-t-il conclu.

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