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Info « 20 Minutes »« Risquées », les « cryptos » séduisent les 18-25 ans qui veulent épargner

« Produits risqués », les cryptomonnaies séduisent de plus en plus les 18-25 ans qui veulent épargner

Info « 20 Minutes »D’après un sondage exclusif OpinionWay avec « 20 Minutes », 14 % des 18-25 ans déclarent envisager d’investir dans les crytomonnaies ou déjà en posséder
Le Bitcoin et autres cryptomonnaies apparaissent pour certains jeunes comme un investissement à long terme.
Le Bitcoin et autres cryptomonnaies apparaissent pour certains jeunes comme un investissement à long terme. - Kin Cheung/AP/SIPA / SIPA
Nathan Tacchi

Nathan Tacchi

L'essentiel

  • Que ce soit en prévision d’un coup dur ou pour financer un projet à long terme, l’épargne est vogue chez les jeunes. D’après un sondage d’OpinionWay avec 20 Minutes, près de trois quarts des moins de 25 ans déclarent épargner régulièrement ou occasionnellement.
  • Et parmi les jeunes sondés, 14 % envisagent ou mettent déjà de côté en misant sur les cryptomonnaies.
  • Investir dans la cryptomonnaie est cependant risqué, selon des experts interrogés par 20 Minutes, en raison de la nature non régulée du marché et des arnaques en ligne.

73 %, ce n’est pas rien. Et 73 % des moins de 25 ans mettent aujourd’hui de l’argent de côté, selon une enquête exclusive d’OpinionWay pour 20 Minutes, réalisée auprès de notre communauté #MoiJeune*. Et investir en prévision du futur ne signifie pas uniquement placer son argent sur un livret d’épargne : 14 % des 18-25 ans déclarent ainsi posséder ou vouloir se procurer des cryptomonnaies, aussi appelées cryptoactifs. Alors même si les plus jeunes se tournent principalement vers le livret A (82 %), le livret jeune (40 %) ou le PEL (29 %), les cryptomonnaies apparaissent comme une nouvelle alternative séduisante, selon eux.

C'est le cas d'Andréa, 19 ans. Cet étudiant en école de commerce à Bordeaux passe son temps libre à investir dans une trentaine de cryptomonnaies. Passionné depuis une dizaine d’années par la finance, la Bourse et surtout les « cryptos », Andréa manipule des grosses sommes : « J’investis près d’un huitième de mon épargne, ce qui représente sur l’ensemble de mes cryptoactifs plusieurs milliers d’euros. »

Un coussin en cas de crise

C’est d’abord la technique, la science qui ont poussé Andréa à parier sur le Bitcoin ou sur l’Ethereum. Il n’empêche que les « cryptos » sont aujourd’hui, selon le jeune homme contacté par 20 Minutes, un moyen d’investir au long terme mais également d’avoir un coussin en cas de crise. Et en pleine réforme des retraites, alors que l’horizon s’assombrit pour les plus jeunes qui veulent « vivre l’instant présent », 65 % des 18-25 ans qui ont répondu à notre enquête assurent, eux aussi, épargner pour anticiper des situations difficiles. Au moment où l’exécutif défend sa réforme des retraites, 22 % des sondés épargnants déclarent mettre de côté en prévision de leur départ en retraite. 51 % d’entre eux confiant être inquiets à l’idée de travailler jusqu’à 64 ans ou plus.

Ce n’est pourtant pas le cas d’Andréa, qui voit toujours plus loin, plus grand. « Je ne me sens pas tellement concerné par cette actualité en France, tranche l’étudiant. En revanche je m’inquiète des mutations du marché financier international par ces temps instables, avec notamment la guerre aux portes de l’Europe. »

Argent (pas) facile et « finfluenceurs »

Interrogée par 20 Minutes, Claire Castanet, directrice des relations de l’AMF (autorité des marchés financiers) avec les épargnants, avance, elle, en se basant sur le baromètre de l’épargne et de l’investissement de l’AMF de 2022, que les moins de 35 ans mettent davantage de côté que les autres générations : « En 2022, les Français mettaient en moyenne 244 euros de côté chaque mois. Une épargne mensuelle qui a légèrement augmenté depuis 2017. » Pour atteindre en 2022, 264 euros chez les moins de 35 ans, par exemple. Et si, toujours selon Claire Castanet, les sommes investies dans les cryptos sont « généralement bien moindres que celles placées dans l’investissement dit traditionnel », de plus en plus de jeunes se laissent effectivement « séduire » par le Bitcoin et ses potes.

Pourquoi ? Parce que le mirage de l’argent facile. « Gagner beaucoup sans trop d’effort, en quelques clics, ça ne marche pas », tranche pourtant Claire Castanet. « Je grince des dents en entendant ceux qui disent que c’est facile de gagner de l’argent avec les cryptoactifs », s’exaspère Andréa. Le jeune homme explique avoir mis près de cinq ans à acquérir son épais portefeuille, et non sans peine. Misant au début quelques euros, puis des dizaines, des centaines et maintenant des milliers, l’étudiant confie avoir « beaucoup travaillé pour en arriver là ». Tout en s’évertuant à affronter les hauts et les bas du marché.

« Aujourd’hui, les jeunes s’intéressent beaucoup aux questions économiques et financières mais faire fructifier de l’épargne en passant par les cryptos, ça reste très risqué », abonde Anne-Claire Bennevault, fondatrice de la plateforme d’éducation financière Spak. Notamment parce que les nouveaux adorateurs de cryptos s’informent souvent sur les réseaux sociaux où les fausses infos sont, elles, monnaie courante. « On y trouve peu d’acteurs sérieux ou de contenus vérifiés mais beaucoup de ''finfluenceurs'' [influenceurs de la finance] », explique la fondatrice de Spak alors que 70 % des sondés par OpinionWay se déclarent effectivement « mal ou moyennement renseignés » sur les cryptomonnaies. « Et avec l’effet levier, vous pouvez perdre plus que ce que vous avez placé. Sur le marché européen, vous pouvez perdre jusqu’à deux fois la somme misée par exemple. Mais hors de l’Unions européenne, ça peut aller jusqu’à 400 fois », ajoute Claire Castanet.



Ne pas tout miser sur un seul produit

« Il y a un vrai travail de sensibilisation à faire sur la question de l’éducation financière », indique Anne-Claire Bennevault. Selon une étude menée par la plateforme Spak, 38 % des moins de 35 ans s’informant auprès des influenceurs ont déjà été victimes d’arnaque. La semaine dernière, le collectif AVI a d’ailleurs porté plainte pour « escroquerie en bande organisée » à l’encontre des influenceurs Marc et Nadé Balta, qui promettaient monts et merveilles via des plateformes de NFT et de trading.

« Nous avons connu des périodes d’engouement sur les cryptoactifs qui ont été propices aux arnaques, en raison d’escrocs qui surfent sur les modes. En 2022, les offres frauduleuses sur les cryptoactifs ont été la première source d’arnaques financières en France, d’après les témoignages des épargnants auprès de l’AMF », indique encore Claire Castanet. Et d’ajouter : « les cryptoactifs sont des produits risqués, non régulés, sans cours légal, sans surveillance des prix, à l’inverse des transactions sur les actions par exemple. »


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Miser sur les cryptoactifs pour prévoir son futur est une solution, reste donc à acquérir une solide culture financière. L’important est aussi de diversifier ses investissements, de ne pas tout miser sur un seul produit. « L’immobilier est encore une très bonne solution pour placer son argent. Les assurances vies et les livrets d’épargne aussi », détaille Anne-Claire Bennevault. A noter que selon l’enquête OpinionWay avec 20 Minutes, 37 % des jeunes interrogés se tournent ou envisagent de se tourner vers des actions en Bourse.


Notre dossier sur la cryptomonnaie

« Cependant, investir en Bourse reste aussi compliqué sans connaissances. Mieux vaut se faire accompagner par son conseiller financier et ne pas improviser », avertit encore la fondatrice de Spak. Avant de se lancer dans les cryptoactifs, « mieux vaut prendre du recul », conclut Claire Castanet, qui appelle une nouvelle fois à la prudence : « Avant d’investir sur des produits risqués, il faut toujours garder assez pour payer son loyer et ses charges. »

*Etude #MoiJeune « 20 Minutes » – OpinionWay, réalisée en ligne du 20 au 24 janvier 2023 auprès d’un échantillon représentatif de 401 jeunes âgés de 18 à 30 ans (méthode des quotas)

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