Jérôme Kerviel: «J'étais vraiment très con»

C.C.

— 

L'ex-trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel, le 13 octobre 2008 à Paris.
L'ex-trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel, le 13 octobre 2008 à Paris. — J.SAGET/AFP

A un mois de son procès pour répondre des 4,9 milliards d'euros de pertes qu'il est soupçonné d’avoir provoqués début 2008, Jérôme Kerviel se lâche sur la place publique avec un livre, L’Engrenage - mémoire d’un trader (Flammarion), et plusieurs entretiens dans les médias.

Ses supérieurs étaient au courant et «n'ont jamais réagi»

Après avoir invité ses ex-collègues à témoigner dans le Journal du Dimanche, l’ex-trader a réaffirmé ce lundi sur France Info que ses «supérieurs ont été régulièrement alertés d’opérations fictives» qu’il avait saisies. «Ils n’ont jamais réagi. Mes résultats étaient complètement délirants et ils les validaient tous les jours», indique Jérôme Kerviel.

>> Retrouvez notre dossier sur Jérôme Kerviel par ici

«A la fin de la journée à 17h30, le manager arrivait et il nous demandait: relevé des compteurs, combien vous avez gagné? Là, on annonçait nos résultats. Quand ils étaient bons on nous disait: c’est bien t’es une bonne gagneuse», témoigne encore l’ex-trader de la Société Générale, qui estime avoir été «vraiment très con». «Je n’étais plus dans la réalité, dévoré entièrement par mon métier. C’est complètement malsain. Il est temps de sortir de ces pratiques.», ajoute Jérôme Kerviel.