Occitanie : Scopelec, la plus grande coopérative de France, sera fixée sur son sort le 28 décembre

ATTENTE Le tribunal de commerce de Lyon a examiné ce jeudi les offres de reprise pour la coopérative Scopelec et ses 2.300 salariés. Il rendra sa décision à la fin du mois

20 Minutes avec AFP
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Des salariés de Scopelec le 22 septembre lors d'une manifestation devant les bureaux de l'entreprise à Saint-Orens, près de Toulouse.
Des salariés de Scopelec le 22 septembre lors d'une manifestation devant les bureaux de l'entreprise à Saint-Orens, près de Toulouse. — Fred Scheiber

Pour les 2.300 salariés de Scopelec, le verdict tombera entre Noël et le Jour de l’An. Le tribunal de commerce de Lyon, qui a examiné ce jeudi les offres de reprise pour la plus grande coopérative de France, rendra en effet sa décision le 28 décembre. Scopelec est spécialisé dans l’installation et la maintenance des réseaux de fibre optique. L’entreprise a été placée en redressement judiciaire en septembre après avoir perdu plusieurs gros contrats de son principal client, l’opérateur Orange, la privant de 40 % de son chiffre d’affaires.

Ce jeudi, les sociétés Alsatis, Circet, Kyntus, Newscope, Solutions 30 et Foliateam ont détaillé devant le tribunal leurs offres de reprise, partielles et totales, de l’activité et des actifs de celles-ci, dans un but de sauvegarde au bénéfice de la société Scopelec S.A. et sa filiale indirecte Setelen.

Soutien politique au projet de reprise interne

L’audience s’est tenue à huis clos. Mais les deux administrateurs et les deux mandataires judiciaires, ainsi que le parquet, se sont prononcés en faveur du projet de Circet, a indiqué Ralph Blindauer, avocat du comité économique et social (CSE) de Setelen, première filiale de Scopelec.

L’offre du groupe français Circet appartenant au fonds d’investissement britannique ICG, qui doit permettre de sauver quelque 1.100 emplois, a été jugée plus solide financièrement que celle de Newscope, présentée par les nouveaux dirigeants de Scopelec et qui a le soutien de 80 % des salariés sociétaires.



Mercredi, plusieurs députés Nupes, dont François Ruffin, la présidente PS de la région Occitanie Carole Delga ou le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet avaient appelé l’État à « prendre ses responsabilités ». Selon eux, le tribunal doit « choisir entre deux sortes de projets diamétralement opposés », ceux d’entreprises « détenues par des puissances étrangères », et celle de Newscope. A leurs yeux, cette dernière serait une solution « triplement gagnante » avec 1.457 emplois sauvegardés, une souveraineté maintenue dans le secteur des télécommunications « avec une gestion rigoureuse, non spéculative ».

Des rebondissements de dernière minute

Mercredi, Carlos Verkaeren, président du directoire de Scopelec, s’était insurgé contre Orange, assurant avoir été informé par courrier que l’entreprise ne soutenait pas le projet de Newscope. « Cela inverse complètement la posture d’Orange, qui était jusque-là bienveillante, c’est inacceptable et incompréhensible », Mais Orange a assuré par la suite, dans un communiqué que 20 Minutes a pu consulter, ne s’être « associé à aucun projet », rappelant avoir « émis des avis sur les capacités opérationnelles de chaque candidat ». Avis qui, selon l’entreprise, ne valent pas soutien.

« On a l’impression que c’est Orange qui distribue les cartes et le gouvernement ne fait rien alors que l’État est actionnaire [d’Orange] à 23 %. Nos emplois sont menacés par des gens qui ne cherchent que du profit » a confié jeudi le délégué syndical CGT Mario Cesaro au milieu de quelque 200 salariés rassemblés devant le tribunal de commerce de Lyon.

Scopelec a été créée en 1973, à la grande époque des coopératives ouvrières, à Revel, en Haute-Garonne. Son siège a déménagé en 2021 à Sorèze, dans le Tarn.