L’UE doit « soutenir » son industrie face aux subventions américaines, estime Thierry Breton

Plan L’enveloppe de 420 milliards de dollars prévue pour différents secteurs a été critiquée par Emmanuel Macron lors de sa visite aux Etats-Unis

20 Minutes avec AFP
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Le drapeau européen (illustration).
Le drapeau européen (illustration). — ISA HARSIN/SIPA

Sous des airs de relations au beau fixe, Bruxelles et Washington pourraient se brouiller pour une histoire de concurrence. L’Union européenne s’inquiète en effet depuis plusieurs mois des effets d’un plan de 420 milliards de dollars du président américain Joe Biden largement consacré au climat et adopté l’été dernier. Ce plan prévoit entre autres des réformes favorisant les entreprises implantées aux Etats-Unis, notamment dans les secteurs des véhicules électriques, des batteries, de la tech, des énergies renouvelables ou encore de l’hydrogène.

Emmanuel Macron, lors de sa visite aux Etats-Unis, ne s’est pas privé de critiquer ouvertement ce plan. Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, appelle lui à la création d’un « fonds européen de souveraineté pour soutenir des projets industriels » et faire face à l’Inflation Reduction Act (IRA) américain. Il « entraîne des distorsions de concurrence aux dépens des entreprises de l’Union européenne », affirme Thierry Breton dans un entretien au Journal du dimanche, après avoir menacé début novembre d'« aller devant l’Organisation mondiale du commerce » pour faire valoir ses arguments. « Un groupe de travail a déjà été créé avec des représentants de la Maison-Blanche et de la Commission européenne », ajoute-t-il.

Un plan équivalent en Europe ?

Emmanuel Macron a dit vendredi vouloir que la question des « exemptions » réclamées aux Etats-Unis pour les industries européennes soit « réglée » d’ici au premier trimestre 2023 après avoir jugé la veille « super agressives » certaines des mesures américaines. Le président américain s’est lui dit prêt à corriger des « défauts » de sa loi, qu’il a toutefois défendue bec et ongles. « Après les ouvertures obtenues à Washington par le président Macron, je suis confiant, les efforts de l’Union européenne porteront leurs fruits. Plus rapidement qu’on ne le pense, j’espère. Peut-être dans les tout prochains jours ! », ajoute Thierry Breton dans le JDD.



Le commissaire souligne en revanche la nécessité pour l’Europe d’améliorer son attractivité et sa compétitivité en se concentrant sur « la technologie et les secteurs stratégiques pour la réussite de sa transition verte », notamment les éoliennes, l’énergie solaire et les réseaux électriques, et en adaptant un cadre réglementaire « trop lourd ». Soulignant les conditions d’endettement différentes selon les Etats, Thierry Breton affirme enfin qu’il « faudrait sans doute envisager un financement autour de 2 % du PIB de l’Union européenne, soit environ 350 milliards d’euros ».