Alpes-Maritimes : Les entreprises réclament un métro entre Nice et Monaco pour 2040

AVENIR L’institut Montaigne a réalisé une étude sur le territoire azuréen pour « résoudre les problématiques actuelles ». Dans ses recommandations, il évoque la construction d’un métro entre Nice et Monaco

Elise Martin
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La Principauté de Monaco, comme le reste des Alpes-Maritimes, s'est construite entre mer et montagne et le réseau de transport est saturé (Illustration)
La Principauté de Monaco, comme le reste des Alpes-Maritimes, s'est construite entre mer et montagne et le réseau de transport est saturé (Illustration) — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • À l’occasion de la publication de l’étude « Territoire azuréen : ambitions 2040 » de l’Institut Montaigne, 20 Minutes revient sur les propositions phares de ce think tank consacré aux politiques publiques en France et en Europe.
  • Mobilité, logements des actifs, vieillissement de la population, l’étude a d’abord dressé un constat pour répondre au mieux à l’objectif « des entreprises du territoire » pour « conserver son attractivité ».

Alors que le projet de navette maritime entre Nice et Monaco s’éloigne, les entreprises azuréennes annoncent avoir une meilleure idée : un métro. C’est même « un projet prioritaire » dans leurs recommandations, publiées mercredi à travers une étude intitulée « territoire azuréen : ambitions 2040 ». Cette infrastructure pourrait donc naître d’ici 18 ans, selon le rapport, et permettrait « l’amélioration du territoire, alors que 50.000 personnes se rendent chaque jour à Monaco depuis Nice ou Menton ».

D’après Pierre Ippolito, président de l’Union pour l’entreprise (UPE) 06, qui a participé à la conception de l’étude pendant un an et demi, ce projet ne coûterait « qu’un milliard d’euros, soit deux stades de football ». Selon lui, il ne faut « pas compter sur les rails de la SNCF » et construire « une liaison directe et souterraine » pour « garantir une vitesse élevée et ainsi, faire délaisser la voiture aux voyageurs ».

Loger les actifs, la seconde priorité des recommandations pour le territoire

Cette proposition fait partie de 21 autres établies par l’Institut Montaigne, le cabinet Stan et en collaboration avec l’UPE 06 afin de « garder l’attractivité du territoire azuréen qui est plein d’atouts ». Logements des actifs, transports, diversification de l’économie ou encore vieillissement de la population, chacun de ces « problèmes » identifiés ont leur solution, à mettre en œuvre en vingt ans.

Outre un métro, la question de la mobilité était centrale pour le comité de pilotage de cette étude qui regroupait une vingtaine de chefs d’entreprise locaux, de secteurs différents, sélectionnés parmi 300 « décideurs majeurs ». « Cette difficulté liée au transport rejoint celle du logement et c’est ce qui induit la pénurie énorme de main-d’œuvre dans de nombreux domaines d’activité sur la Côte d’Azur », affirme Chloé Lepeltier-Letitre, directrice générale de Connectica et « témoin de la démarche ».

Face à cette problématique, Baptiste Larseneur, chargé d’études à l’Institut Montaigne, expose la solution des « logements intermédiaires ». « Ce sont des logements à loyers réglementés inférieurs au prix du marché. Ils ont été créés pour permettre l’accès à un logement abordable aux classes moyennes n’ayant pas accès aux logements sociaux, dans une zone tendue. Une expérimentation à mettre rapidement en place quand on voit que le loyer d’un habitant de la métropole niçoise représente environ un tiers de ses revenus. »

Diversifier le profil économique et sa population

En ayant ces logements intermédiaires et en facilitant l’accès au logement, le territoire azuréen permettrait alors d’attirer des populations plus jeunes, ce qui est un autre axe que pointe l’étude. « Le territoire fait face à un vieillissement de sa population, continue le chargé d’études. Actuellement, plus de 12 % des habitants de la Côte d’Azur ont plus de 75 ans, c’est plus que la moyenne nationale. D’ici 2050, on estime à un million le nombre de personnes dans cette catégorie d’âges. »



Il propose de développer des filières qui pourraient intéresser des étudiants de tout le pays mais aussi internationaux, ce qui permettrait aussi de « diversifier le profil économique qui ne repose principalement que sur le tourisme ». Baptiste Larseneur affirme : « Le territoire y gagnerait en misant sur des filières d’avenir comme la transition écologique, la cybersécurité ou l’intelligence artificielle dans la santé et pour le service à la personne par exemple. »

Enfin, les acteurs qui ont travaillé autour de ces recommandations appuient sur la nécessité de « favoriser les coopérations sur le territoire » avec la création « d’une autorité organisatrice de la mobilité », mais aussi « l’adoption d’un plan de résilience alimentaire et climatique au niveau départemental ». Prochaine étape : « Avoir quelques-unes de ces solutions validées par les collectivités, lance Pierre Ippolito. On ne s’inquiète pas trop parce qu’on sent une ouverture d’écoute des entreprises. Le rendez-vous avec le président de la métropole de Nice s’est d’ailleurs très bien passé ».