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NautismeAvec l’ascenseur Atlas, La Ciotat en pointe sur l’accueil des méga yachts

Bouches-du-Rhône : Grâce à Atlas, son nouvel ascenseur, La Ciotat en pointe sur l’accueil des super yachts

NautismeLes chantiers navals peuvent à présent lever en quelques heures des yachts de 4.300 tonnes
Les "bogies" indépendants à quatre roues composant l'ascenseur
Les "bogies" indépendants à quatre roues composant l'ascenseur - C.Delabroy/20 Minutes / C.Delabroy/20 Minutes
Caroline Delabroy

Caroline Delabroy

L'essentiel

  • Les chantiers navals de La Ciotat ont inauguré ce mardi leur nouvel ascenseur baptisé « Atlas », qui permet de lever des yachts jusqu’à 4.300 tonnes.
  • Cet investissement de 77 millions d’euros lui permet de se positionner sur le marché porteur de la maintenance des yachts de 80 à 115 mètres, et concurrencer ainsi Barcelone et Gênes.

Les anciens ont fait le déplacement pour l’occasion. Car les chantiers navals de La Ciotat écrivent, ce mardi, une nouvelle page de leur histoire, plus que jamais tournée vers l’accueil et la maintenance des superyachts. Après trente mois de travaux, l’ascenseur baptisé Atlas est pleinement opérationnel. Il permet de lever jusqu’à 4.300 tonnes, soit des yachts de 80 à 115 mètres. « Nous avions besoin de cet outil pour concurrencer Barcelone et Gênes », explique Philippe Vincensini, directeur général de La Ciotat Shipyards, la société gestionnaire des chantiers. Atlas représente un investissement de 77 millions d’euros, essentiellement public.

L’ascenseur à bateaux a pris place dans l’ancienne cale numéro un, qui servait au lancement des pétroliers, du temps où les chantiers en construisaient. « Il n’en existe pas deux comme ça dans le monde », poursuit le directeur général. La technologie emprunte aux plateformes offshore, avec des treuils à chaînes qui assurent une durée de vie plus longue. Des plongeurs calent le bateau sur une sorte de berceau, le « ber » en langage technique, avec des blocs en bois pour ne pas abîmer la coque. L’opération de levage dure trois heures en moyenne, contre une dizaine d’heures lorsque les chantiers utilisent la grande forme de 200 mètres dont il faut pomper l’eau pour mettre les bateaux à sec. Avec un système de rails, les bateaux sont ensuite emmenés jusqu’à leur emplacement.

Jacuzzi, piscine, cabines sous-marines…

Outre le gain de temps, les chantiers gagnent sept emplacements, dont six sont exploités par MB92 Group, leader mondial de la maintenance, de la réparation et de la rénovation de yachts d’exception. « Ils ont rempli leur carnet de bal », sourit Philippe Vincensini, qui détaille chaque yacht actuellement présent sur les chantiers. Avec ses quatre ponts, son look très british, « Here comes the sun » est l’un d’eux. « Des huit superyachts que nous avons jusqu’à présent sortis avec Atlas, c’est le plus gros », indique-t-il. Son poids ? Pas moins de 2.700 tonnes, pour 90 mètres de long. « Le poids d’un bateau n’est pas corrélé à sa taille », rappelle toutefois le directeur général La Ciotat Shipyards.



Tout dépend en effet des équipements et matériaux intérieurs. Outre les jacuzzis, piscines et autres salles de fitness, le dernier « jouet » en vogue serait les cabines sous-marines. « C’est vrai, c’est un objet de luxe, mais c’est le seul objet de luxe qui fasse travailler autant de personnes », fait valoir Patrick Ghigonetto, président de La Ciotat Shipyards et maire (divers droite) de Ceyreste. L’exploitation de ce nouvel ascenseur de 4.300 tonnes devrait représenter pour la sous-traitance locale, soit tous les corps de métiers travaillant sur les yachts, près de 208 emplois. Sans compter les retombées économiques sur la ville. « On estime à 50 euros par jour les dépenses des capitaines restant à quai, qui sont souvent de jeunes Anglo-saxons », jauge Philippe Vincensini. Dans les bars du port, beaucoup se sont mis à la bière plutôt qu’au pastis.

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