Pouvoir d’achat : Bruno Le Maire rejette l’idée d’une indexation des salaires sur l’inflation

REFUS Le ministre de l’Economie ne veut pas d’une « augmentation générale et automatique des salaires totalement découplée de la productivité du travail »

20 Minutes avec AFP
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, le 27 octobre 2022.
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, le 27 octobre 2022. — ERIC TSCHAEN-POOL/SIPA

Bruno Le Maire ne veut pas d’une indexation des salaires sur l’inflation. Le ministre de l’Economie et des Finances a clairement écarté mercredi cette demande portée notamment par la CGT et à laquelle le président Emmanuel Macron avait déjà fermé la porte fin octobre.

La nécessité, a déclaré le ministre à l’ouverture des débats au Sénat sur la loi de programmation budgétaire, est d'« éviter la spirale inflationniste qui avait été provoquée dans les années 1970 par une augmentation générale et automatique des salaires totalement découplée de la productivité du travail ».

Des « promesses démagogiques » selon le ministre

Sans nommer de syndicats, Bruno Le Maire a balayé les « promesses démagogiques » d’indexation des uns et des autres, saluant une décision « responsable » d’Emmanuel Macron, qui avait exclu une indexation générale il y a une semaine sur France 2.

Outre la CGT qui réclame une indexation générale des salaires sur l’inflation à l’échelle nationale, quatre syndicats de la fonction publique ont récemment demandé une indexation du point d’indice sur l’inflation. Selon le ministre, une indexation générale conduirait « à une nouvelle réduction de la marge des entreprises qui, du coup, seraient obligées de répercuter cette perte de marge sur l’augmentation des prix à la consommation ». « C’est cette spirale inflationniste sans fin dans laquelle nous refusons en responsabilité de rentrer car nous serions perdants sur tous les tableaux », a-t-il ajouté, énumérant une « inflation hors de contrôle » et une perte de compétitivité et d’attractivité.

Le gouvernement demande régulièrement aux entreprises qui le peuvent d’augmenter les salaires et met en avant la revalorisation du Smic pour les plus modestes. Il défend par ailleurs les dispositifs d’intéressement salarié et de primes défiscalisées. « Je souhaite qu’avec les partenaires sociaux, nous avancions plus rapidement sur notre proposition de dividende salarié, qui doit donner rapidement des résultats concrets. Une entreprise qui distribue des résultats à ses actionnaires doit aussi distribuer à ses employés », a ajouté Bruno Le Maire.