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A SECLa grève se poursuit chez TotalEnergies, la CGT discute sur la suite

Carburant : La grève reconduite jusqu’à mardi chez TotalEnergies, réunion d'urgence de quatre ministres ce lundi soir

A SECLe gouvernement a multiplié les appels à la direction de TotalEnergies pour qu’elle entame des négociations salariales, mais la situation reste bloquée
Une station vide à Bourgoin Jallieu (Isère) le 10 octobre 2022 .
Une station vide à Bourgoin Jallieu (Isère) le 10 octobre 2022 . - Mourad ALLILI / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Après près de deux semaines de grève qui provoquent des pénuries de carburants dans presque un tiers des stations-service de France, les blocages continuent. Malgré les pressions croissantes du gouvernement, la CGT et la direction de TotalEnergies n’ont toujours pas ouvert les négociations, ce lundi, et la grève a été reconduite jusqu’à mardi, a annoncé la CGT, ajoutant que le mouvement était étendu à certaines stations-service.

Par la voix de la Première ministre Elisabeth Borne, l’exécutif a de nouveau invité avec insistance les acteurs du conflit « à se mettre autour de la table », lors d’un entretien à la radio RTL. Evoquant les mesures prises pour améliorer l’approvisionnement des stations-service, la Première ministre a assuré, comme le gouvernement depuis plusieurs jours, que la situation devait « s’améliorer au cours de la semaine ».

Réunion des ministres concernés

Elisabeth Borne réunira par ailleurs lundi soir à Matignon quatre ministres concernés par les difficultés d’approvisionnement, alors que les prix des carburants routiers ont flambé la semaine dernière, en particulier le gazole qui a bondi en moyenne de 10 centimes par litre, selon des chiffres du ministère de la Transition écologique. A son retour d’Algérie, la cheffe du gouvernement tiendra cette réunion avec les ministres de l’Intérieur Gérald Darmanin, de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher et des Transports Clément Beaune, ainsi qu’avec le porte-parole du gouvernement Olivier Véran.

Le gazole s’affichait en station-service à un prix moyen de 1,8035 euro par litre, soit 10,79 centimes de plus que la semaine précédente, selon des chiffres arrêtés vendredi dernier. En ce qui concerne l’essence, le sans-plomb 95-E10 coûtait en moyenne 1,5914 euro, soit une hausse de 7,29 centimes, tandis que le super sans plomb 95 s’achetait 1,6440 euro, soit 7 centimes de plus.

Du « chantage » selon les syndicats

Sous la pression du gouvernement, inquiet des pénuries constatées dans bon nombre de stations-service, TotalEnergies a proposé dimanche d’avancer à octobre ses négociations annuelles sur les salaires, répondant à la main tendue de la CGT, à condition que les blocages prennent fin dans les raffineries et dépôts de carburants, tandis qu’Esso-ExxonMobil devait réunir les syndicats dès lundi. Un « chantage », a répondu le syndicat lundi, en attendant une prise de position avec les grévistes à la mi-journée.

La situation dans le plus grand groupe pétrolier français, qui contrôle le tiers des stations-service du pays, tranche avec celle chez Esso-ExxonMobil, dont les deux raffineries sont à l’arrêt mais chez qui une réunion doit avoir lieu avec les syndicats dès lundi. « TotalEnergies essaie d’imposer une suspension de la grève avant toute réunion de négociation et donc avant toute proposition d’augmentation salariale. Cette tentative est perçue comme un chantage par la CGT et ne garantit en rien la satisfaction des revendications exprimées et donc la reprise du travail », a estimé le syndicat dans un communiqué.

« La Coordination des Syndicats CGT de TotalEnergies réaffirme sa volonté de négocier le plus rapidement possible, sans subir de chantage. Pour cela, elle appelle à une réunion immédiate sur la question des salaires et à la mise en place d’un calendrier pour répondre aux revendications sur l’emploi et les investissements », a indiqué la coordination, qui semblait donc s’acheminer vers une reconduction des blocages, sous réserve du vote des salariés.

« Le blocage, ce n’est pas une façon de négocier »

Quelques minutes après l’annonce de la poursuite de la grève chez TotalEnergies, Emmanuel Macron a appelé les directions des groupes pétroliers et les syndicats à « la responsabilité », en soulignant que « le blocage » des dépôts de carburant n’était « pas une façon de négocier ». « Je souhaite qu’une issue puisse être trouvée, une conclusion rapide des négociations » et « j’appelle l’ensemble des entreprises concernées et les salariés à un esprit de responsabilité », a déclaré le chef de l’Etat au cours d’un déplacement à Château-Gontier (Mayenne).

Emmanuel Macron a insisté sur le fait que la situation de pénuries de carburants dans presque un tiers des stations-service de France n’était « pas liée à la guerre du tout et elle n’est pas le fait du gouvernement ». « Les négociations salariales sont toutes légitimes et il ne m’appartient pas d’en juger. Mais il faut qu’elles (les parties) trouvent une conclusion pour que ce ne soit pas nos compatriotes qui en soient les victimes », selon lui. « Le blocage, ce n’est pas une façon de négocier », a-t-il ajouté.


Vers des réquisitions des pouvoirs publics ?

La Confédération des PME a demandé lundi aux pouvoirs publics de prendre des mesures « y compris juridiques, telles que des réquisitions » pour assurer le fonctionnement des raffineries en grève et l’approvisionnement des stations-service en carburant. Selon la CPME, « les difficultés d’approvisionnement commencent à peser sur l’activité économique » particulièrement dans le nord de la France et en Ile-de-France.

« Si la grève est un droit, elle ne doit pas mettre en cause la liberté de circulation et de travailler », d’après l’organisation patronale qui dénonce le mouvement d’un « petit nombre de salariés des raffineries TotalEnergies et ExxonMobil, qui vont pourtant bénéficier d’un montant financier record au titre de la participation ».

« Si la voie normale du dialogue social ne permet pas de trouver une issue à ce conflit » il convient, selon la CPME, « que les pouvoirs publics - et en particulier les préfets - assument les responsabilités qui leur incombent en prenant les mesures, y compris juridiques, telles que des réquisitions, pour assurer le fonctionnement normal des raffineries ». Pour l’organisation qui regroupe 243.000 TPE, PME et ETI, « il n’est pas concevable que des pénuries organisées de carburant viennent s’ajouter aux difficultés actuelles liées à l’augmentation des prix du gaz et de l’électricité ».

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