Pénurie d’essence : Des restrictions mises en place dans les Hauts-de-France

Y’EN A PLUS Pour éviter une véritable pénurie d’essence, les préfets des départements des Hauts-de-France mettent en place des mesures contraignantes et en appellent à la responsabilité des automobilistes

Mikaël Libert
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Un très grand nombre de station-service sont à sec dans les Hauts-de-France (illustration).
Un très grand nombre de station-service sont à sec dans les Hauts-de-France (illustration). — AFP
  • Les stations-service françaises peinent à se faire approvisionner en carburant.
  • En cause, un mouvement social dans les raffineries Total et une ruée à la pompe.
  • Le phénomène est plus important dans les Hauts-de-France, où les autorités ont pris des mesures de restriction.

Après l’appel au civisme des usagers de la part des gendarmes du Nord, que 20 Minutes évoquait mercredi, les préfets des départements des Hauts-de-France ont pris le relais de manière plus ferme pour tâcher d’enrayer la ruée sur les carburants. Préférant parler de « difficultés d’approvisionnement » des stations plutôt que de pénurie, les représentants de l’Etat ont pris des mesures censées calmer le jeu.

On le sait, la peur du vide peut paralyser le plus gaillard. Et ce n’est rien à côté de la peur du vide de son réservoir d’essence. Depuis que Total Energies a lancé sa remise de 20 centimes par litre de carburant en plus de celle de 30 centimes de l’Etat, les stations de son réseau sont régulièrement prises d’assaut et vidées en moins de temps qu’il n’en faut pour les remplir. A la frontière, nos voisins belges n’étaient pas en reste pour s’approvisionner à moindre coût. En augmentant ses fréquences d’approvisionnement, le pétrolier gérait plus ou moins la situation. Jusqu’à ce qu’éclate un mouvement de grève dans plusieurs raffineries de Total qui a perturbé davantage les livraisons.

Accès prioritaire aux personnels de santé

Voyant les stations hors service se multiplier, environ 12 % en France et 30 % dans les Hauts-de-France, les usagers se sont rués sur celles encore en service pour faire le plein, voire pour faire des réserves à coups de jerrycans, accentuant encore le phénomène. Dès mercredi, donc, les préfets de départements de la région ont pris des arrêtés pour interdire l’achat et la vente de carburant dans des contenants transportables manuellement. Sauf que, ce jeudi matin, à Lille, les files d’attente étaient encore longues dans les rares stations approvisionnées.

Pour éviter de paralyser les secteurs des transports et de l’agriculture et « assurer la continuité des missions de service public », les exploitants des stations identifiées dans le plan Orsec doivent dès à présent « mettre en place un accès prioritaire au bénéfice des transports sanitaires et des professionnels de santé munis d’une carte professionnelle de médecin ou d’infirmier. » Les autorités ont aussi demandé aux opérateurs de « privilégier la distribution de carburant aux secteurs économiques et de transport de personnes. » Pour toutes les stations, notamment automatiques, les exploitants devront par ailleurs s’assurer du respect de l’interdiction de remplir des jerrycans ou des bidons.



Une partie des stocks stratégiques ont été débloqués, mercredi, dans les trois dépôts toujours en activité pour réapprovisionner les stations-service. Néanmoins, si la situation continuait de se dégrader, les autorités se réservent le droit de procéder à des réquisitions de stations, lesquelles ne pourraient alors que servir les véhicules prioritaires, autrement dit les forces de sécurité, les secours et les services de santé.