Prix du gaz : La Commission européenne ouverte à un plafonnement

Tarif L’Allemagne reste pour le moment opposée à cette mesure

X.R. avec AFP
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Ursula von der Leyen explique que la première étape est de limiter le prix du gaz servant à produire de l'électricité.
Ursula von der Leyen explique que la première étape est de limiter le prix du gaz servant à produire de l'électricité. — Jean-Francois Badias/AP/SIPA

Entre volonté de prendre des mesures contre la Russie et maintien des coûts pour le consommateur, l’UE était face à un dilemme. Jusqu’à présent, la Commission européenne avait évoqué un plafonnement du prix uniquement pour le gaz russe, redoutant, comme l’Allemagne, qu’une limitation du prix de toutes les importations de gaz pousse les producteurs à préférer d’autres destinations. Mais quinze Etats membres, dont la France, la Belgique, l’Italie, l’Espagne et la Pologne, réclament un plafonnement général du prix de gros du gaz.

La Commission européenne se dit désormais prête à « examiner » un tel scénario sur le marché européen, et doit présenter des propositions avant un sommet de l’UE vendredi et une réunion des ministres de l’Energie les 11 et 12 octobre. « Un tel plafonnement des prix du gaz doit être conçu correctement afin de garantir la sécurité de l’approvisionnement », a toutefois précisé Ursula von der Leyen devant le Parlement européen à Strasbourg.

« Une première étape vers une réforme structurelle du marché de l’électricité »

La responsable allemande a d’ores et déjà indiqué que la Commission était « prête à discuter d’un plafonnement du prix du gaz utilisé pour produire de l’électricité », qui serait « une première étape vers une réforme structurelle du marché de l’électricité » européen. « Mais nous devons aussi examiner les prix du gaz (…) qui concernent l’industrie, le chauffage », a-t-elle poursuivi.

« Nous allons travailler avec les États membres pour réduire les prix du gaz et limiter leur volatilité, afin de limiter l’impact de la manipulation des prix par la Russie », a ajouté la cheffe de l’exécutif communautaire. « Davantage de pays membres y sont favorables et nous sommes mieux préparés », a-t-elle estimé, soulignant qu’un plafonnement des prix du gaz en général serait une « solution temporaire » dans une « période exceptionnelle ». Un porte-parole de la Commission a précisé à la presse que cette proposition était encore en train d’être travaillée et serait détaillée dans une lettre envoyée aux dirigeants européens avant le sommet de vendredi à Prague.



Dans un texte voté mercredi, les députés européens ont réclamé pour leur part à la Commission « un plafond tarifaire sur les importations de gaz » et « un embargo immédiat et complet sur les importations russes » d’énergie. L’Allemagne, qui était le pays le plus dépendant du gaz russe, a jusqu’à présent rejeté l’idée d’un plafond des prix des importations de gaz. Mais Berlin est sous pression depuis l’annonce la semaine dernière d’un plan national de 200 milliards d’euros pour protéger son économie contre la hausse des prix de l’énergie. Accusant l’Allemagne de faire cavalier seul, certains pays redoutent un avantage aux entreprises allemandes par rapport à leurs concurrentes de pays n’ayant pas les moyens de financer un tel « bouclier ».