Crise énergétique : Syndicats et Medef proposent des mesures pour faire des économies au bureau

Idées lumineuses Un désaccord subsiste sur la flexibilité des horaires de travail

X.R. avec AFP
— 
Pensez à éteindre les lumières avant de quitter le bureau.
Pensez à éteindre les lumières avant de quitter le bureau. — Canva

Pour lutter contre le réchauffement climatique et éviter les coupures d’électricité cet hiver, les petits gestes individuels ne suffiront pas. Le refrain revient régulièrement, et sept Français sur dix jugent d’ailleurs qu’ils font assez d’efforts de leur côté selon le dernier baromètre « Fractures françaises » d’Ispos- Sopra Steria, et que c’est à l’Etat et aux entreprises d’agir. Un appel entendu par le Medef et les syndicats, qui ont transmis au gouvernement le « compte rendu » de leurs discussions sur la sobriété énergétique.

Sollicités par le gouvernement au début de l’été pour faire connaître leurs propositions, syndicats et patronat se sont réunis le 13 septembre, et ont « souhaité identifier des mesures simples et pragmatiques », avant la présentation d’un plan par le gouvernement jeudi. Le texte liste des propositions dont toutes ne font pas consensus entre les participants. La CGT, qui a pris part aux discussions, n’a finalement pas souhaité signer le document, à l’inverse des autres organisations syndicales représentatives (CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC) et du patronat (Medef, CPME, U2P).

« Eteindre les enseignes, changer les ampoules par des LED, fermer les portes »

Première proposition, « réguler (les) températures sur les lieux de travail ». Le texte rappelle « l’utilité d’optimiser les températures de chauffage à 19° et de climatisation à 26° dans la mesure du possible » tout en soulignant que cette mesure « ne doit pas nuire au bien-être, à la santé et à la sécurité des salariés (…) qui occupent des postes statiques ». Elle doit passer, selon les syndicats, par des « discussions dans le cadre de la négociation et du dialogue social de proximité », est-il précisé. Autre proposition consensuelle, « piloter les consommations d’énergie et lutter contre le gaspillage énergétique » : il faut « éteindre les enseignes, changer les ampoules par des LED, fermer les portes », mettre en veille le matériel électrique…

Troisième point, le plus sujet à crispations : « aménager le temps de travail ». « Selon les organisations patronales, des aménagements du temps de travail peuvent permettre de diminuer la consommation d’énergie » et « des plages horaires de travail différenciées » peuvent « être un facteur de limitation des pics de consommation. Pour les organisations syndicales, cela doit se faire par une négociation avec les partenaires sociaux », écrivent les auteurs. Selon des sources syndicales, les représentants des salariés craignent que le patronat ne prenne appui sur cet argument pour étendre le travail de nuit ou le week-end, et plus largement accroître la flexibilité du temps de travail.



Les uns et les autres divergent également sur la question des mobilités : si certains syndicats souhaitent étendre aux entreprises de moins de 50 salariés l’obligation de négocier un plan de mobilité, et envisagent une « hausse de la prise en charge des frais de transport en commun », « certaines organisations patronales émettent des réserves sur une telle orientation ». Syndicats et patronat s’accordent en revanche sur l’instauration de « référents de la sobriété énergétique », le refus d’une « généralisation systématique du télétravail » ou la nécessité d’envisager « des investissements à plus long terme » (rénovation de bâtiment, énergies renouvelables).