Montpellier : Piscines, chauffage… Le plan de la métropole pour faire des économies d’énergie

INFLATION Avec la hausse des prix, la collectivité devrait faire face en 2023 à un surcoût potentiel de 10,64 millions d’euros pour ses dépenses liées à l’énergie

N.B.
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Une piscine, à Montpellier (Illustration).
Une piscine, à Montpellier (Illustration). — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Avec la hausse des prix, la métropole de Montpellier devrait faire face, en 2023, à un surcoût de 10,64 millions d’euros pour ses dépenses énergétiques.
  • Ce mardi, la collectivité a voté un plan de sobriété énergétique.
  • Parmi les mesures mises en place, la réduction des périodes de chauffage et de climatisation ou la fermeture des bassins extérieurs de deux piscines.

La note est salée, pour la métropole de Montpellier (Hérault). Avec la hausse des prix de l’énergie, la collectivité devrait faire face, en 2023, à un surcoût potentiel de 10,64 millions d’euros pour ses dépenses liées à l’électricité, l’éclairage public, le gaz et le bois en granulés. Et 8 millions d’euros de plus, pour la Tam, le délégataire chargé des transports. Sur les factures, les montants devraient être multipliés par deux, voire trois. Car pour les collectivités, l’Etat n’a pas mis en place de bouclier tarifaire, réservé aux ménages.

Des efforts ont déjà été consentis, ces dernières années, dans la métropole, pour faire des économies. Dans les bâtiments, la collectivité assure, par exemple, qu’elle ne chauffe pas à plus de 19 degrés l’hiver, et que la climatisation n’est jamais en dessous de 26, l’été. Une douzaine sont par ailleurs équipés panneaux solaires photovoltaïques, dont trois « en autoconsommation totale », ce qui permet, d’économiser 75.000 euros par an.



L’élu ne veut pas toucher aux services publics

Mais, convient la collectivité, il faut aller plus loin. Ce mardi, un plan de sobriété a été voté au conseil métropolitain, pour tenter de baisser la consommation de 10 % d’ici 2024. Mais « l’ensemble des mesures ne compenseront pas la hausse des tarifs de l’énergie, déplore Michaël Delafosse (PS), le maire et président de la métropole. A moins que nous prenions la décision de fermer nos piscines, ou de restreindre [l’accès] à nos médiathèques. » Mais toucher aux services publics, l’élu ne veut pas en entendre parler.

Pour éviter de dépenser trop, la métropole va ainsi bousculer les thermomètres. Les périodes de chauffage et de climatisation vont être réduites d’une dizaine ou d’une quinzaine de jours. L’hiver, le chauffage restera à 19 degrés, mais l’été, la climatisation sera montée à 27, « puis progressivement à 28, selon les spécificités des bâtiments », explique la métropole. Dans les piscines, la température de l’eau sera baissée d’un degré. Par ailleurs, les bassins extérieurs de Neptune et de Caron seront fermés, de novembre à février. Et la lumière sera éteinte dans les piscines, « les jours de grand soleil et en pleine journée ». En ville, le fonctionnement de certaines fontaines sera stoppé.

« Des mesurettes de rattrapage »

La métropole a aussi prévu d’accélérer le déploiement des LED, et l’extinction sur les grands axes routiers la nuit. Et les agents seront sensibilisés à des gestes simples : éteindre les lumières des pièces inoccupées, fermer les portes des bureaux, éteindre les appareils en veille, etc. Ces mesures devraient permettre d’économiser 700.000 euros en 2023. Sur le plus long terme, la métropole promet de rénover ses bâtiments les plus gourmands en énergie, et de remplacer les équipements vieillissants.

L’opposition, au conseil métropolitain, a toutefois regretté un plan de sobriété trop peu ambitieux, ce mardi. Alenka Doulain (divers gauche) a notamment pointé « des mesurettes de rattrapage à court terme », certes nécessaires, mais « sans réel objectif de planification », tandis que « la situation est grave ». « Ce qu’il nous faut, c’est un plan sur dix ans, pour devenir une collectivité » avec un patrimoine « à énergie positive », assure-t-elle. « Il nous faut produire autant que ce que l’on consomme. » Notamment de l’énergie solaire, alors que le soleil ne manque pas, à Montpellier, confie l’élue. Pour Alenka Doulain, la métropole ne donne aucun « cap entraînant », et « finit, comme le gouvernement, à donner des conseils vestimentaires aux Français, pour faire diversion ».