Pourquoi le prix du chocolat pourrait augmenter dans les prochains mois

inflation En Côte d’Ivoire, le prix d’achat du cacao aux planteurs est passé de 1,25 à 1,30 euro

20 Minutes avec agences
Une tablette de chocolat. Illustration.
Une tablette de chocolat. Illustration. — J. Macou - PixaBay

Le prix d’achat du cacao aux planteurs de Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, a été fixé à 900 francs CFA (1,3 euro) le kilo, à l’ouverture de la campagne cacaoyère 2022-2023, soit une hausse d’environ 10 % ; a annoncé ce vendredi l’organisme ivoirien de régulation du secteur. « Cette campagne s’ouvre dans un contexte marqué par la montée de l’inflation découlant des chocs extérieurs » ; a souligné Yves Koné, le directeur général de l’organisme de régulation du secteur, le Conseil café cacao (CCC) de Côte d’Ivoire, lors d’une cérémonie officielle.

Mieux rémunérer les planteurs

De son côté, Kobenan Kouassi Adjoumani, le ministre ivoirien de l’Agriculture, a déploré une situation préoccupante pour les planteurs « dans un contexte mondial marqué par la crise russo-ukrainienne qui touche tous les marchés agricoles ». « Tandis que les prix des intrants ont fortement augmenté, les prix des produits ont chuté sur les marchés internationaux. Cette tendance paradoxale des marchés était une question préoccupante pour les cacaoculteurs », a-t-il ajouté.

C’est la deuxième campagne cacaoyère après la mise en place en 2021 d’un organe destiné à garantir un prix rémunérateur aux planteurs et « assurer une durabilité à l’économie cacaoyère » ; par la Côte d’Ivoire et le Ghana, deux pays d’Afrique de l’Ouest qui représentent environ 60 % du cacao mondial. Les deux pays ont instauré dans ce cadre le « Différentiel de revenu décent » (DRD), une prime de 400 dollars par tonne (en sus du prix du marché) destinée à mieux rémunérer les planteurs, dont des millions vivent dans la misère en Afrique de l’Ouest.

Se transformer pour assurer son avenir

Les planteurs des pays tropicaux sont les parents pauvres du secteur : ils ne perçoivent que 6 % des 100 milliards de dollars par an que représente le marché mondial du cacao et du chocolat, verrouillé par les grands industriels. En Côte d’Ivoire, plus de la moitié des planteurs vivent sous le seuil de pauvreté, selon une étude de la Banque mondiale. La situation est comparable au Ghana, où quelque 800.000 familles vivent du cacao.



Le cacao est stratégique en Côte d’Ivoire. Il représente 10 % à 15 % du PIB, près de 40 % des recettes d’exportation et fait vivre cinq à six millions de personnes, soit un cinquième de la population, selon la Banque mondiale. Cette dernière estime que le secteur du cacao doit se transformer pour assurer son avenir et mieux jouer « son rôle de moteur du développement économique ».