Tabac : La future hausse des prix va-t-elle pousser nos lecteurs à arrêter de fumer ?

votre vie, votre avis Les lecteurs de « 20 Minutes » nous expliquent pourquoi ils comptent - ou non - arrêter la cigarette

Noémie Penot
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Illustration d'une cigarette dans les mains d'un fumeur.
Illustration d'une cigarette dans les mains d'un fumeur. — Eric Feferberg
  • Elisabeth Borne a annoncé que le prix des cigarettes allait augmenter pour atteindre 11 euros d’ici à 2024.
  • 20 Minutes a sollicité ses lecteurs - fumeurs - pour savoir si cette hausse des prix pouvait les pousser à arrêter.
  • « Non, je prends du plaisir à fumer », « Je les achète en Espagne », « C’était ça ou arrêter de manger, je n’avais pas le choix »… Les témoignages sont contrastés.

Et 50 centimes de plus en 2023. Et 35 centimes de plus en 2024. Alors que le prix des cigarettes va augmenter pour atteindre 11 euros d’ici à 2024, comme l’a indiqué la Première ministre, les Français fumeurs pensent-ils à diminuer, voire à mettre fin à leur consommation ?

D’après le Baromètre Santé Publique France, plus de trois adultes de 18-75 ans sur dix déclaraient fumer (31,8 %) en 2020, et un quart déclaraient fumer quotidiennement (25,5 %). Seront-ils moins nombreux prochainement ? 20 Minutes leur a posé la question.

« Je prends du plaisir à fumer »

Pour certains, la réponse est catégorique : pas question d’arrêter. C’est notamment le cas de Lucette, pour qui fumer « est (son) seul plaisir ». Même chose pour Jean-Marc, qui reconnaît « fumer dix cigarettes par jour depuis l’âge de 14 ans ». Et ce malgré la hausse des prix. Un facteur qui ne semble pas freiner la consommation d’Isabelle en règle générale : « Je n’arrêterai pas, comme je n’arrêterai pas de manger parce que la nourriture coûte plus cher… ». « Je fumerai peut-être un peu moins », reconnaît, lui, Karim.

Bon nombre de nos lecteurs justifient en partie leur choix par leur interrogation concernant la fiscalité qui pèse sur les paquets de cigarettes. « L’augmentation me fait bien rire quand on sait à qui elle profite », s’indigne David. D’après les chiffres de la Direction générale des Douanes et des Droits indirects, et ce depuis le 1er mars 2020, l’Etat taxe - pour le droit de consommation et la TVA - environ 80 % du prix d’un paquet, soit 8,33 euros sur un paquet à 10 euros, par exemple. Un buraliste touche, lui, environ 10 %, et le fabriquant 7 %.

« Non, on ira en Espagne ! »

Pour d’autres lecteurs et lectrices, la solution semble être ailleurs. « J’habite près de la frontière, je continuerai à acheter mon tabac à l’étranger plutôt que de payer le prix fort en France », confie Benjamin. Fabienne, qui achète ses cigarettes en Espagne, est du même avis : « Désolée pour nos buralistes, mais seule avec 3 enfants, mon choix est vite fait ». Et il y a ceux qui profitent des bons services de leur entourage, comme Elisabeth, dont la fille lui « ramène des cartouches depuis le Luxembourg ». Nos lecteurs craignent d’ailleurs que l’inflation des cigarettes n’amplifie ce phénomène. « Cela n’arrêtera pas les fumeurs et les poussera à aller se fournir dans les pays frontaliers », pense Marie-Christine.

Et cette conséquence ne serait pas la seule, d’après nos lecteurs. « Cette augmentation m’incite plutôt à chercher un contrebandier », témoigne Nora, dont l’avis est également partagé par Flavien, conscient « du manque à gagner pour les buralistes et sur l’état de santé des fumeurs ». Pour rappel, les cigarettes contrefaites ne font l’objet d’aucun contrôle et sont fabriquées avec des matériaux de basses qualités parfaitement nocifs pour la santé.

Selon une étude Empty Pack Survey, publiée par la Société d’exploitation industrielle des tabacs et des allumettes (Seita), les achats transfrontaliers de cigarettes par les Français représentaient 18 % au second trimestre 2022. Les achats de contrefaçons de cigarettes représentent eux 13 %.

« Arrêter, c’était ça ou manger, je n’avais pas le choix »

A l’inverse, une partie de nos lecteurs fait le choix de dire stop. Premièrement pour des raisons financières. Car si Maryse « hésite encore à passer le cap » et Noémie a réduit sa consommation, Céline admet qu’elle n’était « pas sûre de pouvoir tout payer, en plus des augmentations comme sur le gaz ». Vanessa, elle, a décidé de faire des économies en « passant à la cigarette électronique ». Et pour d’autres, faire un trait sur la cigarette devenait vital : « c’était ça ou manger, je n’avais pas le choix », admet Vanessa.

Et la santé ? « Certes, payer plus de 10 euros pour un paquet de cigarettes est excessif, mais c’est principalement pour la santé que nous avons arrêté », affirme Edwin. Même raisonnement pour Oscar, qui estime tout de même que « l’Etat ne fait que de petites hausses qui ne découragent que très peu de gens de fumer ». Toutefois, selon Anne, « on n’arrête pas de fumer pour quelque chose ou pour quelqu’un, on arrête quand on le décide, quand on sent que c’est aujourd’hui ».