Occitanie : La ligne à grande vitesse Montpellier-Perpignan, c’est pas avant (au moins) 2040

TRAIN Cela fait près de 30 ans que ce projet de nouvelle ligne est sur la table

Nicolas Bonzom
Un train de fret, à Montpellier, sur le chemin de la future ligne LGV.
Un train de fret, à Montpellier, sur le chemin de la future ligne LGV. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Voilà près de trente ans que l’on parle d’une ligne à grande vitesse entre Montpellier et Perpignan, sans que le projet ne se fasse jamais.
  • Mais jeudi, à l’issue d’un comité de pilotage du projet, des dates ont été précisées. La première tranche, jusqu’à Béziers, pourrait être ouverte en 2034. Quant à la deuxième phase, jusqu’à la frontière espagnole, elle devrait attendre… 2040.
  • Pour ses défenseurs, la ligne permettra de soulager la ligne classique, vieillissante, et de développer le fret, pour supprimer des camions sur l'A9.

Entre Montpellier (Hérault) et Perpignan (Pyrénées-Orientales), il n’y a pas de ligne à grande vitesse (LGV). Des TGV assurent bien sûr, tous les jours, ce trajet, mais sans mettre la gomme. C’est d’ailleurs le seul chaînon manquant, entre la France et l’Espagne. Et ce projet, il n’est pas nouveau : la toute première fois qu’il a été acté, c’était… en 1995, lors de la signature des accords de Madrid. Les deux pays s’étaient alors engagés pour la construction d’une ligne ferroviaire digne de ce nom, entre les deux pays.

Depuis, malgré la ferveur des élus, de tous bords, il a toujours été reporté aux calendes grecques. Parce qu’un tel projet, c’est très, très, cher : 6 milliards d’euros, dont 40 % payés par les collectivités locales, le reste par l’Etat et l’Europe. Mais près de trente ans après les accords de Madrid, la LGV semble voir le bout du tunnel.

« A l’horizon 2040 »

Jeudi, à l’issue du premier Conseil d’administration de la société qui porte ce serpent de mer, des dates un peu plus précises ont été lâchées. Les travaux de la LGV seront ainsi lancés en deux phases. La première, entre Montpellier et Béziers. Les travaux devraient être lancés en 2029, pour une mise en service de la ligne en 2034.

La deuxième phase, jusqu’à la frontière espagnole, elle, n’est pas pour aujourd’hui. Le chantier débutera, sans doute, en 2035, et la ligne sera ouverte… « à l’horizon 2040 ». Soit 45 ans après les accords de Madrid. « Les choses avancent normalement, avec l’idée, même de les accélérer », assure Etienne Guyot, le préfet d’Occitanie. Et appuyer sur le champignon, c’est même le souhait de Carole Delga (PS), la présidente de la région Occitanie. « On va tout faire pour ça aille plus vite », confie-t-elle.

Cette nouvelle ligne aura de sacrés avantages, claironnent ses défenseurs. D’abord, elle viendra en secours de la ligne classique, vieillissante et surchargée. Elle permettra notamment de libérer de la place sur cette ligne, pour y développer « des trains du quotidien », sur l’ensemble du pourtour méditerranéen, note Carole Delga. Mais aussi de parier sur le fret, pour tenter de supprimer des camions, trop nombreux sur l’autoroute A9. Enfin, elle permettra aux voyageurs de gagner 40 minutes, entre Paris et Perpignan.