Camaïeu liquidée, 2.700 salariés licenciés

JUSTICE Le tribunal de commerce de Lille a prononcé, ce mercredi, la liquidation judiciaire de l’enseigne de prêt-à-porter Camaïeu. Les quelque 2.700 employés seront licenciés sous trois semaines

Mikaël Libert
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(FILES) In this file photo taken on May 27, 2020 people walk past a branch of the Camaieu brand in Lille, northern France. - A second hearing takes place on September 28, 2022 at the commercial court of Lille regarding Camaieu's receivership. (Photo by DENIS CHARLET / AFP)
(FILES) In this file photo taken on May 27, 2020 people walk past a branch of the Camaieu brand in Lille, northern France. - A second hearing takes place on September 28, 2022 at the commercial court of Lille regarding Camaieu's receivership. (Photo by DENIS CHARLET / AFP) — AFP
  • L’enseigne de prêt-à-porter Camaïeu a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Lille.
  • Ce sont quelque 2.700 salariés qui vont être licenciés d’ici à trois semaines.
  • Les solutions de dernière minute n’ont pu être concrétisées faut d’un engagement supplémentaire de l’Etat.

Ce mercredi, en fin d’après midi, le tribunal de commerce de Lille a prononcé la liquidation judiciaire de Camaïeu avec une poursuite d’activité jusqu’à vendredi. Une décision qui tombe comme un couperet pour les 2.700 employés alors que, quelques heures avant l’audience, subsistaient quelques lueurs d’espoir.

« Le tribunal donne raison à la requête des administrateurs et convertit le redressement judiciaire en liquidation », a annoncé le président du tribunal après une audience fleuve de plus de trois heures. A ces mots, les salariés présents dans la salle ont fustigé Michel Ohayon, l’homme d’affaires propriétaire de la financière immobilière bordelaise (FIB) dont l’actionnaire de Camaïeu, HPB, est une filiale. « Vous êtes un homme de fric, un politicien », « Notre actionnaire, c’était vous et vous n’avez rien fait », a-t-on pu entendre. « Vous êtes acides aujourd’hui et je vous pardonne. Je suis autant atterré que vous », a tenté de répondre l’homme d’affaires qui avait racheté l'entreprise à peine deux ans plus tôt.

Les syndicats vont attaquer en justice les « responsables »

« La suite, c’est le plan de licenciement des 2.700 salariés qui va être mis en œuvre par l’administrateur. Il a trois semaines pour mettre tout le monde à la porte », explique maître Fiodor Rilov, l’avocat de la CGT. Reste à savoir avec combien d’indemnités les salariés vont partir. « De notre côté, on va attaquer la direction de l’entreprise devant le tribunal judiciaire. Même le parquet a reconnu que les dirigeants étaient responsables de cette déroute », ajoute l’avocat. Pour lui, ça ne rendra pas leur emploi aux salariés, mais cela permettra sans doute « d’améliorer leurs indemnités ».

Pourtant, l’ébauche d’une solution avait été formulée, ce mercredi matin par le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand. Il s’était dit prêt à « mettre de l’argent sur la table » avec la Métropole européenne de Lille (MEL) si l’Etat faisait « un geste ». Ce geste, Bercy n’y a pas consenti davantage aujourd’hui que la veille, lorsqu’il avait refusé l’avance demandée par l’actionnaire de Camaïeu. La CGT avait par ailleurs demandé au tribunal un délai de 15 jours, argumentant que des « partenaires fournisseurs » étaient d’accord pour entrer au capital de l’entreprise sans toutefois préciser qui et à hauteur de quel montant.

C’en est donc terminé de Camaïeu qui, selon les syndicats, va être vendu à la découpe. « Faire appel de la décision du tribunal prendrait des mois et ce n’est de toute façon pas suspensif. Les salariés vont être licenciés », regrette maître Rivlov. « On n’a pas été aidés, c’est un terrible gâchis », lâche, amère, Chérif Lebgaa, délégué FO.