Guerre en Ukraine : Le dollar poussé au plus haut en vingt ans après le discours de Vladimir Poutine

Valeur refuge Les inquiétudes liées au conflit poussent les investisseurs à privilégier le dollar

20 Minutes avec AFP
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Les inquiétudes d'une potentielle montée en puissance de la guerre en Ukraine envoie les investisseurs vers les valeurs refuges
Les inquiétudes d'une potentielle montée en puissance de la guerre en Ukraine envoie les investisseurs vers les valeurs refuges — Elise Amendola/AP/SIPA

Le discours de Vladimir Poutine a déjà des répercussions économiques. Le dollar a bondi mercredi à un plus haut en vingt ans face à un panier d’autres grandes devises, après que le président russe a mobilisé sa réserve pour combattre en Ukraine et s’est dit prêt à user de « tous les moyens » pour se défendre.

En plus de son statut de valeur refuge, le billet vert profite par ailleurs de paris sur une politique monétaire stricte en amont d’une décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) attendue plus tard dans la journée, le Dollar index, qui le compare à des devises comme le yen, l’euro ou la livre, est monté à 110,87 points, un record depuis 2002.

« Ce n’est pas du bluff », a martelé, la mine grave, Vladimir Poutine, accusant les pays occidentaux de vouloir « détruire » la Russie, d’avoir recours au « chantage nucléaire » contre elle et signifiant ainsi qu’il était prêt à utiliser l’arme nucléaire. « Les inquiétudes d’une potentielle montée en puissance de la guerre en Ukraine, avec la mobilisation de centaines de milliers de réservistes russes, envoie les investisseurs vers les valeurs refuges », résume Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Lutte contre l’inflation

Du côté des devises, le billet vert bondissait vers 08h35 GMT de 0,71 % à 0,9901 dollar pour un euro et de 0,38 % à 1,1337 dollar pour une livre. Seul le yen grappillait 0,05 % à 143,81 yens pour un dollar tandis que l’or s’appréciait de 0,41 % à 1.671,70 dollars l’once.



Les regards des cambistes se tourneront ensuite vers la réunion de la Fed, dont la décision sera publiée après la fin des échanges en Europe. L’institut monétaire est engagé dans une lutte acharnée contre l’inflation, et se garde de montrer le moindre signe de ralentissement de ses hausses de taux. « Les taux devraient être remontés à leur plus haut niveau depuis 2008 », commente Han Tan, analyste chez Exinity Group. Au-delà de la réunion du jour, « si la Fed signale des vagues de hausses de taux encore plus fortes à venir, il y aura probablement une nouvelle vente massive des actifs à risque », prévient-il.

Parmi les devises en difficulté, la livre a atteint plus tôt dans la séance un plus bas depuis 1985 à 1,1305 dollar, malmenée en raison des perspectives lugubres de l’économie britannique. La Banque d’Angleterre (BoE) publiera jeudi sa décision de politique monétaire, et devrait poursuivre ses hausses des taux pour contrer l’inflation.