BCE : Christine Lagarde fait comprendre que la hausse des taux va se poursuivre

POLITIQUE MONETAIRE La présidente de la Banque centrale européenne ne veut pas voir l’inflation « s’incruster » durablement

20 Minutes avec AFP
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, à Francfort le 21 juillet 2022 (illustration).
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, à Francfort le 21 juillet 2022 (illustration). — Michael Probst/AP/SIPA

Contre l’inflation, Christine Lagarde a tenu à rappeler le rôle clef d’une politique monétaire active. La Banque centrale européenne (BCE), actuellement engagée dans un resserrement monétaire, doit tout faire pour empêcher que « s’incrustent » durablement les effets des hausses de prix, a ainsi déclaré mardi sa présidente.

Dans un environnement économique profondément bouleversé par les effets du Covid-19 et du conflit en Ukraine, « la politique monétaire ne peut empêcher les premiers effets de bon nombre de ces chocs. Mais elle peut garantir qu’ils ne s’incrustent pas. C’est ce que fait la BCE », a estimé Christine Lagarde dans un discours à Francfort.

Une inflation « plus persistante que prévu »

« Nous ne laisserons pas cette phase d’inflation élevée influencer le comportement économique et créer un problème d’inflation durable », a ajouté la présidente de l’institution, reconnaissant que la hausse des prix dans la zone euro « s’est avérée beaucoup plus élevée et plus persistante que prévu initialement ».

Selon elle, les chocs de la pandémie et de l’invasion russe de l’Ukraine « ont entraîné des tournants dans notre environnement économique », qui auront des conséquences persistantes. La coupure des approvisionnements en gaz « est devenue un changement structurel majeur qui aura des ramifications pendant plusieurs années », a-t-elle notamment décrit, avec des prix des combustibles fossiles « susceptibles d’être plus élevés pendant un certain temps ». « Cela pourrait avoir un impact sur la production industrielle en Europe, affectant à la fois l’offre et les prix ».

De la même façon, « la mondialisation est en train de changer », en raison des perturbations créées par la pandémie qui a bouleversé les chaînes logistiques internationales. « Bien que je doute que nous assistions à une démondialisation, les entreprises sont susceptibles de détenir des stocks plus élevés de manière permanente et de raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement », a expliqué l’ancienne ministre.

Une hausse des taux historique en septembre

Autre conséquence selon elle : une possible « délocalisation de la production à forte intensité énergétique » hors de la zone euro. Ces changements structurels de l’offre « sont un facteur important qui fait persister une inflation supérieure à l’objectif plus longtemps », a-t-elle admis.

L’inflation a atteint un record de 9,1 % dans la zone euro en août. En septembre, la BCE a franchi un pas historique en relevant d’un coup de 75 points de base ses taux directeurs, du jamais-vu depuis l’entrée en vigueur de l’euro. La BCE entend poursuivre cette politique. « L’ajustement du rythme des hausses de taux est un outil clé pour signaler notre détermination à remplir notre mandat et à contenir les anticipations d’inflation. Et aller plus vite au début du cycle de hausse traduit clairement notre engagement à ramener l’inflation à notre cible à moyen terme », autour de 2 %, a en effet assuré Christine Lagarde.