Sobriété énergétique : A Strasbourg, les étudiants auront deux semaines de vacances en plus cet hiver

ENERGIE Face à la « facture énergétique qui explose », l’université de Strasbourg va fermer ses portes deux semaines supplémentaires cet hiver, une option dénoncée par les organisations syndicales

G.V. avec AFP
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Archives. Strasbourg le 17 novembre 2014. Université de Strasbourg.
Archives. Strasbourg le 17 novembre 2014. Université de Strasbourg. — G. Varela / 20 Minutes

Cela pourrait paraître comme une bonne nouvelle pour les étudiants de l’université de Strasbourg qui vont pouvoir, pour certains, rentrez chez eux voir leur famille plus longtemps pendant les fêtes. Cela est en revanche beaucoup moins bien perçu par les organisations syndicales. Sobriété énergétique oblige, « une troisième semaine de congé de Noël début janvier et une semaine complète de cours en distanciel en février » vont en effet être mises en place, a détaillé Michel Deneken, le président de l’université dans une vidéo adressée aux étudiants lundi et publiée sur YouTube. La rentrée initialement prévue le 3 janvier 2023 aura finalement lieu le 9 janvier, au terme d’une semaine de fermeture administrative, sans qu’aucun enseignement ne soit assuré. Des bibliothèques resteront cependant ouvertes, afin que les étudiants puissent préparer leurs concours.

L’université, qui comptait près de 57.000 étudiants en 2020-2021, voit en effet sa facture énergétique exploser. Ses dépenses d’électricité, gaz et chauffage sur réseau sont passées de 10 millions d’euros en 2021 à 13 millions d’euros en 2022, après qu’un budget rectificatif a accordé une rallonge de 1,5 million d’euros supplémentaires. Pour 2023, 20 millions ont été inscrits au budget prévisionnel.

Un « télétravail imposé » pour certains personnels ?

Autres mesures d’économie, le chauffage, fixé à 19 degrés, sera allumé « le plus tard possible » et une campagne de communication sera déployée « en faveur des écogestes pour une planète plus durable », a également affirmé Michel Deneken. « Le coût de l’énergie (…) s’envole de plus en plus chaque jour », a encore souligné le président de l’Université de Strasbourg, rappelant que l’établissement devait « prendre sa part dans la transition écologique ». Enfin, l’université va réaliser son bilan carbone dès le mois d’octobre. Des premiers résultats doivent intervenir en janvier 2023. Objectif, améliorer la performance énergétique des bâtiments.

« Les fermetures administratives constituent une entorse au principe de continuité du service public », a dénoncé dans un communiqué le syndicat FSU. Les activités de recherche pourraient selon elle pâtir de ces mesures, avec un moindre accès aux laboratoires. La Fédération syndicale unitaire estime que ces mesures reviennent à un « télétravail imposé » pour certains personnels, et conduiront à faire peser sur les salariés « des frais de chauffage et d’électricité qui devraient être à la charge de l’employeur ».