Le président des Mousquetaires Intermarché accuse Danone de hausses de prix « pas raisonnables »

accusation Danone « profite de la crise », estime Didier Duhaupand

20 Minutes avec AFP
L'entreprise française Danone est accusée de profiter de la crise pour augmenter ses marges de profits. (PHOTO D'ILLUSTRATION)
L'entreprise française Danone est accusée de profiter de la crise pour augmenter ses marges de profits. (PHOTO D'ILLUSTRATION) — Roberto Machado Noa//SIPA

Les négociations entre agro-industriels et distributeurs ne sont toujours pas achevées mais la discorde est déjà publique. Le président du groupement Les Mousquetaires Intermarché Didier Duhaupand a accusé ce jeudi Danone de profiter de l’inflation pour améliorer ses marges avec des hausses « pas raisonnables » de prix.

« Il y a eu un changement de direction à la tête de Danone et leurs actionnaires leur demandent une profitabilité supérieure, cela se traduit par des hausses de tarifs », a estimé sur BFM Business Didier Duhaupand, interrogé sur l’absence, dans nombre de magasins Intermarché, des bouteilles d’Evian, de Badoit ou de Volvic, autant de marques du groupe Danone.

Tensions en coulisse

Le gouvernement a décidé en mars la réouverture des négociations entre industriels et grande distribution, au cours desquelles sont décidés les prix d’achat d’une grande partie des produits ensuite vendus en grandes surfaces. L’objectif était de prendre en compte l’inflation à la fois des matières premières agricoles mais aussi des coûts de production, de transport ou d’emballage, dans les prix d’achat des produits par la grande distribution.

Mais depuis mars, les premiers accusent les seconds de refuser de payer plus cher des denrées qui coûtent plus à produire ou d’augmenter les prix dans les rayons alors même qu’ils ont refusé de payer plus pour ces produits. Les distributeurs quant à eux estiment certaines hausses de prix injustifiées, ou différentes d’un industriel à l’autre.

Danone « profite de la crise »

« Nous aussi sommes producteurs, avec des sources d’eau », a ainsi exposé Didier Duhaupand, le groupe des Mousquetaires ayant en effet la particularité d’avoir une branche agroalimentaire, Agromousquetaires. « Nous connaissons la décomposition des coûts », ce qui « nous fait dire que les demandes d’environ 12 % [de hausses de tarif] ne sont pas raisonnables » par rapport au marché.

Il a estimé que Danone, « comme un certain nombre d’entreprises, profite de la crise actuelle pour restaurer leurs marges ». De son côté Danone, s’il dit auprès de l’AFP « ne pas être en mesure de commenter » cette hausse « liée au secret des affaires », dit avoir « trouvé des accords avec la plupart de nos autres clients », des accords « qui tiennent compte de [ses] impératifs économiques ».

La fin du mois pour objectif

Jean-Philippe André, président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), a indiqué jeudi que pour l’heure « 45 % de nos adhérents n’ont pas bouclé l’ensemble de leurs négociations avec l’ensemble de leurs clients ».

Il a demandé au gouvernement « d’inciter les acteurs à boucler ces négociations d’ici la fin du mois », avant que ne se lance à partir d’octobre une nouvelle phase pour les tarifs 2023, qui doit s’achever en mars suivant. « Un empilement de négociations serait vraiment préjudiciable à tout le monde », selon lui.