Le secteur aérien bat de l'aile

TOURISME Le nuage islandais a déjà coûté 150 millions aux compagnies...

Lucie Soullier

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Hervé Novelli, secrétaire d'Etat au Tourisme,  a réuni hier les professionnels du secteur pour évoquer les aides que le gouvernement pourrait leur apporter.
Hervé Novelli, secrétaire d'Etat au Tourisme, a réuni hier les professionnels du secteur pour évoquer les aides que le gouvernement pourrait leur apporter. — CHAMUSSY / SIPA

Tsunami, 11 septembre, H1N1… Le réveil du volcan islandais est un nouveau coup dur pour le secteur aérien, mais aussi pour le tourisme. «On est censés vendre du rêve et on se retrouve à gérer un nuage», soupire René-Marc Chikli, président de l'Association des tour-opérateurs français. Alors que le trafic a partiellement repris hier matin, Hervé Novelli, secrétaire d'Etat au Tourisme, a reçu les compagnies aériennes et les tour-opérateurs dans l'après-midi. Une réunion «très tôt», selon lui. Trop tôt pour savoir si l'Etat va aider le secteur.

 

Les règles européennes assouplies?

 

Pour l'heure, il faut «compter les billes», affirme Georges Colson, président du Syndicat national des agences de voyages. Des billes qui roulent vite. Déjà 150 millions d'euros de perte de marge pour les compagnies aériennes et 30 millions pour les tour-opérateurs. «Des estimations à affiner», souligne Hervé Novelli. Concernant les subventions directes, «la France regarde du côté de l'Europe».

Des discussions sont en cours à Bruxelles afin d'assouplir les règles sur les aides publiques monosecteur. Le commissaire à la Concurrence, Joaquin Almunia, a déjà annoncé envisageable «un dispositif comme après les attentats de septembre 2001». A circonstances exceptionnelles, aides exceptionnelles.


Pour le gouvernement, l'objectif est donc d'utiliser les outils actuels pour accompagner la trésorerie des entreprises fragilisées. En l'occurrence: avances, subventions et garanties de prêts par l'établissement public Oseo ou encore étalement des charges sociales… Prochaine réunion: lundi 26  avril pour des annonces plus concrètes. Si un second nuage ne change pas la donne d'ici là.