Le lait français a bien failli Bouillir

Delphine Bancaud

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Un producteur proteste contre le prix du lait dans un supermarché de Lomme (Nord).
Un producteur proteste contre le prix du lait dans un supermarché de Lomme (Nord). — P. HUGUEN / AFP

Leurs actions coup de poing auront été efficaces. Après un bras de fer d'une dizaine de jours avec les industriels, les producteurs sont parvenus à un compromis sur la hausse des prix du lait pour le deuxième trimestre, applicable à compter de demain. « C'est une bonne nouvelle », s'est félicité le ministre de l'Agriculture, Bruno Lemaire, à l'issue de la réunion qu'il avait organisée dans la matinée pour déminer ce conflit.

La querelle remonte au 3 juin dernier : la filière avait signé à cette date un accord prévoyant une hausse de 5,5 à 5,8 % du prix de base du lait au deuxième trimestre 2010 par rapport à la même période l'an dernier. Mais les industriels avaient dénoncé récemment ce texte, réclamant un rapprochement des prix du lait français de ceux pratiqués en Allemagne, estimés 15 % moins chers. Au final, la hausse des prix devrait être de l'ordre de 9 à 10 % par rapport au deuxième trimestre 2009.

Pour défendre leur position, les éleveurs avaient engagé des actions de protestation en début de semaine qui laissaient présager une extension du conflit. Pas question, en effet, pour eux d'accepter une baisse des prix, alors que leurs revenus ont chuté de moitié en 2009 pour atteindre les 9 000 euros annuels. W