Les loyers, stables au plus haut

Angeline Benoit (Avec AFP)

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Entre 1998 et 2010, les loyers ont progressé de 3 % en moyenne chaque année.
Entre 1998 et 2010, les loyers ont progressé de 3 % en moyenne chaque année. — M. FOURMY / SIPA

Après des années d'envolée, les loyers atterrissent dans le privé. L'an dernier, les prix des nouvelles locations et des renouvellements de baux (soit 1,4 million de ménages sur 5,5 millions) ont progressé de 0,1 % en moyenne par rapport à 2008, selon les chiffres publiés hier par l'observatoire Clameur, qui réunit les grands acteurs publics et privés du marché. Cette quasi-stagnation, inédite en France depuis la création de l'observatoire en 1998, couronne un ralentissement de l'inflation locative observée depuis 2006 (+ 2 % en 2007, + 1,5 % en 2008). Mais elle intervient surtout après des années de flambée (+ 4,7 % en 2005, + 6,7 % en 2002, le record). Entre 1998 et 2010, la progression a été de 3 % en moyenne par an.

« La situation économique, la montée du chômage et la dégradation des revenus découragent les ménages dans leur volonté de déménager », souligne Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université Paris-X-Nanterre et auteur de cette étude. Du coup, la colocation progresse, les enfants vivent plus longtemps chez leurs parents, les couples ont du mal à se former ou à se quitter et le nombre de SDF explose. Les locataires du privé qui n'ont pas changé de bail sont logés à la même enseigne même si l'indice de référence des loyers (IRL), qui sert à revaloriser les quittances, a enregistré un léger recul (0,06 %) au quatrième trimestre 2009. Les occupants de logements sociaux ne sont guère mieux lotis. La Confédération nationale du logement, la plus importante association de locataires, a estimé hier à près de 2 % l'augmentation moyenne des loyers dans les HLM en 2010, à partir d'une enquête basée sur un tiers du parc. W