EADS: Les critiques fusent contre les Etats-Unis

ECONOMIE Concurrence déloyale, appel d'offres biaisé. La France et l'Allemagne n'acceptent pas que l'avionneur européen ne soit plus dans la course pour fournir des avions ravitailleurs à l'armée américaine...

B.D. avec agence

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Suspecté de délits d'initiés pour la vente partielle en 2006 de sa participation dans EADS, Lagardère est désormais menacé d'une action en justice du Crédit Mutuel, qui avait repris à l'époque une partie des titres du groupe aéronautique européen.
Suspecté de délits d'initiés pour la vente partielle en 2006 de sa participation dans EADS, Lagardère est désormais menacé d'une action en justice du Crédit Mutuel, qui avait repris à l'époque une partie des titres du groupe aéronautique européen. — Clemens Bilan AFP/DDP/Archives

Un retrait qui agite la classe politique. Après le retrait de l'avionneur européen EADS de l'appel d'offres pour la fourniture d'avions ravitailleurs au Pentagone, le Premier ministre François Fillon, mais aussi le patron de l'avionneur européen, l'Allemand Thomas Enders, se sont indignés.

«Je pense que l'attitude du gouvernement américain sur l'affaire des ravitailleurs est un manquement grave aux règles qui sont celles d'une concurrence loyale entre nos économies», a déclaré le chef du gouvernement français à l'occasion d'un échange avec des étudiants à l'université Humboldt de Berlin.

Les Américains ont «obligé EADS à quitter la compétition»

Airbus, filiale d'EADS, a été contraint de renoncer à participer à un appel d'offres pour un méga-contrat d'avions ravitailleurs destinés à l'armée de l'air américaine après le retrait lundi de son allié américain Northrop Grumman. Ce retrait laisse l'américain Boeing seul en course pour ce contrat.

Evoquant la nécessaire «ouverture réciproque» des marchés des grandes économies, François Fillon a déclaré qu'il y avait «tous les jours des exemples qui nous montrent qu'un certain nombre de grands pays, de grandes puissances industrielles, ne respectent pas cet équilibre». «Nous en avons un sous les yeux cette semaine avec les conditions dans lesquelles le gouvernement américain a - je le dis - obligé EADS à quitter la compétition pour les ravitailleurs de l'armée américaine», a-t-il insisté.

Sarkozy en parlera à Obama lors de son voyage aux Etats-Unis

Le patron de l'avionneur européen, l'Allemand Thomas Enders, a pour sa part reproché au gouvernement américain d'avoir fait preuve de partialité, dénonçant un appel d'offres «biaisé». Le retrait d’EADS est une affaire «grave» qui aura des «conséquences», a assuré pour sa part le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche. La Commission européenne avait jugé mardi «hautement regrettable» ce retrait.

Le porte-parole du gouvernement français Luc Chatel a indiqué mercredi que Nicolas Sarkozy aurait «l'occasion d'évoquer cette question avec le président Obama lors de son séjour prochain aux Etats-Unis» à la fin du mois.