Pas de grand soir pour les retraites

Angeline Benoit

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« Je n'ai jamais cru à la remise à plat du système français des retraites », a tranché samedi le Premier ministre, François Fillon, dans un entretien au Figaro. Jeudi, le Conseil d'orientation des retraites a suggéré qu'au lieu de partir à 60 ans après avoir cotisé un certain temps, les salariés pourraient accumuler des « points » ou un « capital virtuel ». Ensuite, la valeur du point ou de ce capital pourrait évoluer en fonction de l'équilibre général du système. Un changement rejeté par les syndicats, qui s'attendent à une chute des pensions. Du coup, le gouvernement s'oriente plutôt vers un « ajustement des paramètres » actuels, soit une hausse des cotisations et de l'âge légal de départ à la retraite.

Mais alors que l'Espagne envisage de passer de 65 à 67 ans, six Français sur dix tiennent mordicus aux 60 ans, selon un sondage BVA réalisé pour Les Echos et France Info. Un faux débat, s'est insurgé hier la première secrétaire du Parti socialiste. « Nous voulons une vraie réforme », a exigé Martine Aubry, avec des nouvelles recettes (cotisations patronales, stock-options, etc.) et des aménagements pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, occupé des emplois pénibles ou connu le chômage, notamment après 50 ans. W