Pas de solution miracle pour les retraites

Angeline Benoit

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Le problème des retraites ne se réglera pas d'un coup de de baguette magique. Le rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR), publié hier, compare les alternatives au système français, dont la réforme prévue cette année provoque de fortes divisions. Mais quelle que soit la méthode retenue, « technique des points » ou « comptes notionnels », aucun miracle ne peut empêcher le creusement du déficit (10,7 milliards d'euros dès 2010). Et entre papy-boom et allongement de l'espérance de vie, les pensions semblent condamnées à se réduire comme peau de chagrin.

Un changement de système est « techniquement possible » mais le COR, composé de chercheurs, de partenaires sociaux, de parlementaires et de hauts fonctionnaires, ne s'est pas prononcé. « Cette question donne lieu à des divergences », a reconnu le président, Raphaël Hadas-Lebel. En France, les pensions de base du privé sont fondées sur le nombre d'années de cotisation au régime. Un salarié d'au moins 60 ans ayant travaillé 41 ans en 2012 obtient le « taux plein », soit 50 % de son salaire moyen des 25 meilleures années. Les complémentaires, elles, appliquent le « point ». En fin de carrière, le total de points acquis est multiplié par sa valeur à ce moment-là. L'accord Agirc-Arrco de 1993-1994 a baissé le rendement pour équilibrer le régime. Avec les « comptes notionnels », utilisés en Suède, la part prélevée sur le salaire est accumulée et revalorisée chaque année en fonction, notamment, du produit intérieur brut ou de la masse salariale. Lors du départ en retraite, ce « capital » est transformé en pension mensuelle, en tenant compte de l'espérance de vie de l'assuré.

Hier, à l'exception de la CFDT, tous les syndicats se montraient critiques. La CFE-CGC a traité de « rideau de fumée » les débats sur les calculs, tandis que la CGT, FO et la CFTC dénonçaient un changement qui réduirait les pensions de 40 % en quarante ans. Pour régler la question des déficits, ils ont recommandé de trouver de nouvelles ressources, notamment sur les revenus non salariaux. Un constat presque partagé par le patronat. Pour le Medef, aucun des scénarios ne constituerait une « véritable réforme ». Mais la solution est peut-être à chercher du côté de l'épargne financière. W