La Clio 4 produite en partie en France finalement

ECONOMIE Nicolas Sarkozy n'apprécie pas que le patron de Renault veuille délocaliser la production de sa prochaine Clio en Turquie...

P.K. avec agence

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Renault et PSA-Peugeot Citroën, confrontés à une baisse des ventes de voitures en Europe, vont drastiquement réduire leur production en mettant à l'arrêt un grand nombre d'usines en France et en Europe pendant une à deux semaines d'ici la fin de l'année.
Renault et PSA-Peugeot Citroën, confrontés à une baisse des ventes de voitures en Europe, vont drastiquement réduire leur production en mettant à l'arrêt un grand nombre d'usines en France et en Europe pendant une à deux semaines d'ici la fin de l'année. — Mychele Daniau AFP/Archives

Nicolas Sarkozy a eu en partie gain de cause. L'Elysée A obtenu du PDG de Renault Carlos Ghosn que le constructeur automobile maintiendrait l'emploi et l'activité de son site de Flins (Yvelines) où sera implantée une partie de la production de la Clio 4.

Nicolas Sarkozy avait convoqué Carlos Goshn alors que la firme automobile française envisage de délocaliser la production de la prochaine génération de Clio.

«J’ai confirmé au Président de la République que nous produirons la Clio 4 à Flins, dans un cadre général de double sourcing avec Bursa en Turquie (la voiture sera fabriquée dans les deux usines, ndlr)», a expliqué Carlos Ghosn, dans un communiqué. Le site de Flins est pérenne et l’emploi y sera maintenu à terme.»

Pression


Une rencontre décisive, selon le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, qui estimait avant la rencontre que l’avenir de la Clio 4, attendue pour 2013, «se décidera» lors de cet entretien. Nicolas Sarkozy entend faire pression sur Renault. «Nous ne mettons pas tant d'argent pour soutenir nos constructeurs pour que la totalité des usines s'en aillent à l'extérieur», a-t-il prévenu mercredi, allusion aux aides dont a bénéficié le secteur automobile en 2009. A deux mois des élections régionales, le dossier est devenu un enjeu national alors que le scrutin s'annonce difficile pour la droite.

De son côté, Renault assure que l'avenir du site de Flins, dédié à la fabrication de la berline électrique Zoe qui commencera en septembre 2011, est garanti et qu'aucun licenciement n'est prévu. Selon le N°2 du groupe, Patrick Pélata, Renault n’aurait pas encore pris sa décision. «Dans tous les cas, il y aura des Clio produites à Flins, quel que soit ce qui arrive», a-t-il précisé mercredi alors qu’il était reçu par Christian Estrosi. Un schéma déjà appliqué pour la Clio 3 (voir encadré)

Ingérence

L’Etat est le premier actionnaire de Renault, avec 15,01% du capital. Une part qui ne devrait pas évoluer, selon Christian Estrosi. «Ce n'est ni l'augmentation du capital, ni le nombre d'administrateurs qui déterminent les choix stratégiques et industriels que le gouvernement et le président de la République veulent obtenir de la part de Renault», a assuré le ministre.

Bruxelles craint pourtant une ingérence de l’Etat dans cette affaire. La Commission européenne a demandé à Paris des explications, s'interrogant sur la compatibilité des interventions gouvernementales avec les engagements pris lors des prêts de l'Etat en 2009 pour soutenir les constructeurs face à la crise.

Production éclatée

La production de l'actuelle Clio III est répartie entre plusieurs sites. En 2009, une majorité de voitures a été fabriquée dans l'usine turque de Bursa (179.500, dont 124.400 berlines et 55.100 breaks Estate). Le site de Flins a fabriqué 125.400 berlines et le site espagnol de Valladolid 25.450. Moins de 4.000 exemplaires de la version sportive Clio III RS ont été produites à Dieppe.