Les secteurs qui galèrent avec le froid

Marion Lippmann

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Une femme promène son chien dans le vignoble de Kaysersberg, (est de la France), le 9 janvier 2010.
Une femme promène son chien dans le vignoble de Kaysersberg, (est de la France), le 9 janvier 2010. — SAUTIER PHILIPPE/SIPA
Avec les intempéries, l’économie marche au ralenti. Et certains secteurs sont particulièrement touchés. En premier lieu, les les sociétés de transport, dont la paralysie a eu des répercussions sur une part importante de l'activité du pays.

Eurostar, cette année, a battu des records de perturbations. Une porte-parole du groupe explique à 20minutes.fr que l’hiver 2009 a été plus sévère que les années précédentes, avec «une qualité de neige différente, plus fine, qui s’est infiltré dans les motrices.» Bien qu’Eurostar ne communique aucun bilan chiffré, les arrêts répétés du trafic leur couteront très cher.

Et pour cause, les voyageurs bloqués la nuit du 18 décembre, des deux côtés de la Manche, «se sont fait rembourser leur aller-retour, s’en son vu offrir un autre. Ils ont reçu 170 euros en cash, puis d’autres dépenses ont été remboursées au cas par cas, comme les chambres d’hôtel, les taxis», a déclaré la porte-parole. Ce mardi, 80% du trafic circule.

«Les gens veulent bien manger, mais n'ont pas le courage de sortir»

Lorsqu’il fait froid, la tentation d’un festin au restaurant se fait moins pressante. «Avec les intempéries, l’activité des restaurants recule, surtout pour les sorties nocturnes, les dîners. Dans les campagnes, le phénomène est plus marqué que dans les villes, car les gens hésitent davantage à prendre leur voiture lorsque les routes sont dangereuses», rapporte Philippe Villalon, le président des restaurateurs au sein de l’UMIH à 20minutes.fr. En revanche, selon lui, «les services de livraison prospèrent lorsqu’il neige. Les gens veulent bien manger, mais n'ont pas le courage de sortir». Et ce sont les livreurs de pizza et de sushis qui grelottent!

La générosité, elle aussi, a ses limites. Le don du sang par exemple, attire moins lorsqu’il neige. Ce secteur, déjà fragile, «est à flux tendu lors des intempéries», regrette Laurence de la Touche, porte-parole de l’établissement français du sang (EFS). «Les gens sortent moins avec le froid, ils sont plus fatigués, et plus malades. Les collectes mobiles (les cars) deviennent parfois inaccessibles ou restent bloqués au parking.  Par ailleurs, les médecins et les infirmières, à cause des mauvaises conditions de circulation, ne peuvent souvent plus se rendre sur le lieu de travail, et la collecte devient ainsi extrêmement difficile», ajoute-t-elle.

«Bientôt, on devra cueillir les légumes au marteau piqueur!»

Et pour clore cette série des secteurs frileux, non exhaustive, notons que le grenier de la France supporte très mal le grand froid. Pascal Ferey, vice-président et président de la commission Environnement de la FNSEA, témoigne. Ce qui l’inquiète le plus, ce sont «les récoltes de légumes d’hiver (carottes, poireaux, choux…). Quand elles ne sont pas gelées, ajoute-t-il, les terres sont inaccessibles à cause de la neige. Bientôt, on devra cueillir les légumes au marteau piqueur!».
Par ailleurs, «les intempéries bloquent la circulation, et empêchent les camions de livrer les marchandises aux grandes enseignes. Ces dix derniers jours, les livraisons de production végétales ont baissé de 30 à 35%», regrette-t-il. Toutefois, la situation semble se rétablir. Selon une porte-parole des magasins Carrefour, tous les magasins de la chaîne ont été approvisionnés ce mardi, pour la première fois depuis plusieurs jours.

Du côté des éleveurs, ce n’est pas la joie non plus. «Il devient très compliqué d’alimenter le bétail, car les céréales ne sont plus acheminées dans les élevages», explique Pascal Ferey. De même, les collectes de lait sont très perturbées, surtout dans les régions qui ne sont pas habituées à de telles vagues de froid et qui ne sont pas organisées. Le salage y a souvent été très insuffisant. «Des systèmes-D ont vu le jour. La solidarité entre agriculteurs est omniprésente», insiste avec fierté le syndicaliste.

Et vous, avez-vous souffert des conditions climatiques dans votre activité professionnelle? Dites le nous dans les commentaires.