Les accusations ulcèrent les syndicats sortants du CE

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« Encaisser 3 000 euros par mois pour des draps de bain ? » La CFDT, la CFE-CGC et, dans une moindre mesure, FO, qui contrôlaient le bureau du comité d'entreprise (CE) d'Air France jusqu'en novembre, ne décolèrent pas. « On est à la limite des propos diffamatoires. Ces serviettes ont été achetées pour les centres de vacances des enfants des salariés, qui requièrent de nombreuses commandes de matériel. Aucune somme n'a été engagée sans justificatif », s'insurgeait hier Gilles Nicoli, secrétaire général de la CFDT Air France, le premier syndicat sur le banc des accusés. Le syndicaliste rappelle que son organisation a voté le recours à un audit, le 4 septembre, face aux rumeurs. « Ce genre de bruits, c'est un classique quand un CE a autant d'influence et d'argent que celui d'Air France. Cela suscite forcément des luttes de pouvoir. Mais le déballage d'aujourd'hui ne correspond en rien à la réalité, et il n'est profitable ni aux salariés ni à leurs représentants. »

La CFDT nie aussi que le CE du personnel navigant gère mieux son argent que les autres. « C'est surtout qu'ils ne reversent pas leur contribution de solidarité au CCE central », affirme Nicole Donnat, secrétaire CFDT du CE commercial. Contrairement aux pilotes, les CE des sept autres catégories (siège, informatique, etc.) reçoivent une subvention en fonction du nombre de salariés et non du niveau des salaires, pour compenser les écarts de rémunérations. W

A. B.