Hausse minimum pour les smicards

Angeline Benoit

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J. DEMARTHON / AFP

En matière d'augmentation, les smicards devront se contenter du minimum légal. Le gouvernement a décidé, hier, de revaloriser le smic de 0,5 % au 1er janvier 2010. Soit l'augmentation strictement prévue par la loi, calculée sur l'évolution de l'inflation et du pouvoir d'achat, sans coup de pouce, et ce pour la quatrième année consécutive. Le smic horaire passera donc de 8,82 euros à 8,86 euros, et le salaire mensuel de 1 337,70 euros à 1 343,77 euros brut pour 35 heures (soit de 1 050,63 euros à 1 051 euros net). Le smic concerne environ un salarié sur dix (notamment dans l'hôtellerie-restauration, le nettoyage ou la vente de vêtements), en incluant les administrations ou les intérimaires, soit quelque 2,6 millions de personnes. Et plus de 640 000 personnes travaillent à temps partiel à ce tarif.

L'évolution du salaire minimum a été jugée « saine », hier, par la présidente du Medef, Laurence Parisot, tandis que le ministre du Travail, Xavier Darcos, a invité à la « comparer avec la faible inflation ». Elu en 2007 pour être le « président du pouvoir d'achat », Nicolas Sarkozy mène aussi une politique de baisse des coûts du travail, propice, selon lui, au maintien de l'emploi des moins qualifiés. Une ligne qui n'est pas du goût des syndicats, la CGT évoquant même « un gel du smic honteux ». Pour FO, « les conflits vont augmenter », car « il sera difficile pour les salariés au bas de l'échelle de faire face aux augmentations dans le logement et les transports », a estimé Marie-Alice Medeuf-Andrieu. Même la CFDT, hostile d'habitude aux coups de pouce, « a demandé qu'on aille jusqu'à 1,5 % », car « les charges fixes augmentent plus vite que l'inflation », selon François Chérèque. W