Les distributeurs abusent, selon l’UFC-Que Choisir

CONSOMMATION Les producteurs et les consommateurs sont pris pour des pigeons...

M. L. avec agence

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La consommation de volailles a repris dans les grandes surfaces en France grâce aux promotions commerciales sur le poulet et au soutien d'hommes politiques et d'industriels soucieux d'enrayer la crise de la grippe aviaire.
La consommation de volailles a repris dans les grandes surfaces en France grâce aux promotions commerciales sur le poulet et au soutien d'hommes politiques et d'industriels soucieux d'enrayer la crise de la grippe aviaire. — Mychele Daniau AFP/Archives

L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a dénoncé mardi 8 décembre «l'opacité» de la formation des prix alimentaires, et l'absence de lien entre les prix agricoles et les prix en rayon.

Les distributeurs doivent être mal à l’aise. Les écarts entre les prix révélés par l’association sont en effet éloquents. Leur enquête se fonde sur les prix de trois produits alimentaires «peu transformés» relevés entre le 26 septembre et le 10 octobre 2009 dans 1.250 magasins en France (hors Corse et Dom-Tom).

Cher le kilo!

Il en ressort par exemple que pour un prix moyen payé au producteur de 2,11 euros, le prix au kilo de la barquette de deux escalopes de poulet se retrouve en rayon entre 9,67 et 9,88 euros.

Mais ce n’est pas tout. Le malheur des uns fait le bonheur des autres. En effet, lorsque les prix augmentent dans la distribution, les revenus des producteurs s’effondrent. Entre 1992 et 2009, tandis que le prix agricole du lait a baissé de 5%, il a bondi de 22% en rayon. Pour le porc, le prix au producteur a chuté de 26% alors qu'en rayon, il grimpait de 25%.

Ménages

Et les agriculteurs ne sont pas les seules victimes. Les ménages y perdent aussi, puisque les produits alimentaires (hors alcool) constituent 15,5% de leur budget, indique UFC-Que Choisir.

Face à ce constat, que faire? L’association propose des solutions, comme la mise en place d'un «coefficient multiplicateur» pour les produits alimentaires bruts et peu transformés. Ce principe, qui vise à établir un rapport entre le prix d'achat et le prix de vente, est déjà prévu par la loi pour les fruits et légumes.

Justifications

Sur les 1.120 lettres envoyées par l’association aux distributeurs pour leur demander de justifier leurs prix, 226 réponses seulement lui sont parvenues, parmi lesquelles huit sont considérées comme «satisfaisantes».

Mal à l’aise? Absolument pas, rétorque à 20minutes.fr Muriel Hoyaux Mallat, la porte-parole de la FCD, la fédération qui regroupe les grands distributeurs. Selon elle, l’association tronque les chiffres en ne prenant en compte que ce qui l’arrange. «UFC-Que Choisir montre les prix du brut, et ne mentionne pas le coût de la transformation du produit. Avant d’être vendu, un porc est découpé, emballé et transporté. Et cela coûte cher», explique-t-elle.

Contre-offensive


Les arguments avancés par la fédération ne manquent pas: l’Observatoire des prix et des marges empêche toute opacité concernant la formation des prix, les promotions ne sont pas prises en compte par l’enquête, les prix à la consommation sont globalement en baisse… La guerre des chiffres est ouverte.