Le leader de la CGT récuse tout «sarkozysme»

SYNDICALISME La première organisation française défend son engagement en faveur des salariés...

Angeline Benoit

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Une critique en règle de la politique de Nicolas Sarkozy. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, s'est défendu, hier, d'être «affecté d'un sarkozysme aigu» dans un discours ouvrant le 49e congrès de la CGT à Nantes, qui réunit quelque 1.000 délégués tous les trois ans. Selon lui, le «modèle» du président de la République «tient en trois dimensions: le transfert du risque sur les travailleurs, la socialisation des pertes des entreprises aux frais des contribuables et la privatisation des profits!» Il répondait à une minorité d'adhérents, tel le délégué CGT de l'usine de pneus Continental-Clairoix Xavier Mathieu, qui l'a accusé d'être «tout juste bon à frayer avec le gouvernement». Mais aussi au nordiste Jean-Pierre Delannoy, qui s'est présenté à sa succession en dehors des procédures.

Contestations

Le secrétaire général de la CGT, qui doit être réélu pour un quatrième et dernier mandat, a remplacé Louis Viannet à la direction de l'organisation en 1999. Une consécration intervenue après les grèves de 1995 contre les « réformes Juppé», alors qu'il était à la tête des cheminots CGT. Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, certains lui reprochent d'avoir accepté le changement de statut d'EDF, l'introduction du service minimum en temps de grève ou encore la réforme des régimes spéciaux de retraite. Des accusations balayées par Thibault, entré à la CGT en 1977, et toujours au service d'«un syndicalisme qui sache contester, mobiliser et proposer».