Portrait-robot du Français en temps de crise

SOCIAL A quoi ressemble-t-il? Cliquez ici pour le savoir...

C. F.

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Dans l'édition 2009 de son «Portrait social» de la France, publiée ce vendredi, l'Insee dessine le visage d'un pays qui a subi en 2008 les premières conséquences sociales de la crise. A quoi ressemble-t-il? Portrait-robot du Français en temps de crise.
 
Il passe en moyenne un peu moins d'une heure chaque jour dans les transports

Ce temps est plus long pour les cadres, les Parisiens et banlieusards. Par ailleurs, l'usage de la voiture n'augmente plus, même si elle reste le mode de déplacement majoritairement utilisé localement (65% des déplacements contre 22% à pied, 8% en transports en commun et 4% en deux-roues). La possession d'une voiture dépend notamment du territoire où l'on vit - «60% des personnes qui se rendent à leur travail en voiture déclarent ne pas avoir d'autre possibilité» -, et du niveau de vie (notamment en centre-ville où les difficultés à stationner peuvent représenter un coût financier élevé).
 
Son salaire diminue

Le salaire moyen par personne a baissé début 2009 par rapport à fin 2008, ce qui, selon l'Insee, pourrait être le signe d'une baisse des primes versées en début d'année. En outre, l'écart entre les très hauts salaires - le 1% de salariés à temps complet les mieux payés du privé, soit 133.000 personnes - et les autres, s'est «accentué» au cours des dix dernières années.
 
Son pouvoir d'achat stagne et ses découverts bancaires augmentent

En 2008, le pouvoir d'achat des Français a stagné, essentiellement en raison d'une forte hausse des prix en début d'année, mais aussi d'un ralentissement des revenus d'activité. Début 2009, ce pouvoir d'achat a de nouveau augmenté grâce à un fort recul de l'inflation, et malgré un net ralentissement des revenus. Mais entre le début 2009 et le troisième trimestre, le nombre de personnes en situation de découverts bancaires très fréquents ou ayant du mal à boucler leur budget a augmenté.
 
Son parcours scolaire est déterminé par celui de ses parents

Dans son étude, l'Insee compare pour la première fois le destin scolaire de deux groupes d'élèves. D'un côté, ceux issus d'un milieu modeste, dont aucun des parents n'a le bac - soit la moitié des bacheliers actuels -, de l'autre, ceux dont le père ou la mère avaient réussi à décrocher le diplôme. Résultat: seule la moitié des premiers deviendront eux-mêmes bacheliers, et ils seront quatre fois plus nombreux que les autres à passer un bac professionnel ou technologique, plutôt que général. Les notes n'expliquent pas tout: à bulletins équivalents, ces jeunes ont très souvent tendance à limiter leurs aspirations, bridés par le poids des origines.
 
Il risque de faire moins d'enfants

Même si le nombre de naissances a continué à croître en 2008 et que la France garde son titre de championne de la natalité (avec l'Irlande) dans l'Union européenne, l'Insee se demande si la crise ne va pas affecter temporairement l'envie de faire des bébés. «Des études ont montré que la fécondité diminue pendant une période de récession, avec un décalage d'un à deux ans par rapport à l'évolution économique». Une période généralement suivie par un rebond de la natalité.
 
Il ne fait pas le même métier selon qu'il est un homme ou une femme

Selon l'Insee, les métiers vraiment «mixtes» restent rares et ce, même si les jeunes femmes d'aujourd'hui sont plus nombreuses que leurs aînées dans certaines professions qualifiées (ingénieur, médecin, avocat...). Mais la parité laisse toujours à désirer du côté des métiers moins qualifiés. Les hommes restent surreprésentés dans les métiers du bâtiment, les métiers de bouche et l'industrie (sauf textile et cuir) et les femmes sont plus nombreuses dans les services à la personne et le sanitaire et social.
 
Il profitera davantage du RSA que de la PPE

Le Revenu de solidarité active (RSA) devrait être plus efficace pour l'amélioration du niveau de vie des plus modestes, et notamment des travailleurs pauvres, que la prime pour l'emploi (PPE), selon l'enquête Insee. Au final, le RSA «permettrait de faire sortir 920.000 individus de la pauvreté, dont 470.000 travailleurs, contre 370.000 individus dont 190.000 travailleurs» avec l'ancien système. >> Pour calculer son droit au RSA, cliquez ici 

Vous reconnaissez-vous dans ce portrait? Qu'est-ce qui a changé pour vous avec la crise? Faites-nous part de vos témoignages ci-dessous...