La Commission européenne tape sur les doigts de la France à cause du déficit

FINANCES Prière de le ramener sous les 3% d'ici 2013...

Avec agence

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Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde avaient rencontré les banquiers le 25 août.
Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde avaient rencontré les banquiers le 25 août. — MEIGNEUX / SIPA

 

Il va falloir obéir maintenant. La Commission européenne a demandé mercredi à neuf pays, dont la France, l'Allemagne et l'Espagne, de ramener d'ici à 2013 leur déficit public sous la limite autorisée dans l'Union européenne de 3% du Produit intérieur brut.
 
«Je suis convaincu que les délais proposés aujourd'hui sont appropriés et réalistes», a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia.
 
«Peu réalistes»
 
La France et la Belgique contestent cependant déjà les objectifs que leur a fixés la Commission, car ils leur semblent peu «réalistes».
 
Ces deux pays tablent sur un retour au respect des limites un an plus tard que fixé par la Commission, en 2014 pour la France et 2013 pour la Belgique.
 
«Une action suivie d’effets» 
 
Tout n’est pourtant pas noir pour la France. Pour cinq pays, pour lesquels la Commission avait déjà fait des recommandations au printemps -- France, Espagne, Irlande, Royaume-Uni et Grèce --, elle analysait s'ils avaient pris des mesures efficaces pour corriger le tir.
 
Elle leur a accordé un délai supplémentaire d'un an, sauf pour la Grèce, estimant qu'ils avaient mené «une action suivie d'effets», à des degrés divers, pour réduire leurs déficits, et que par ailleurs, la situation économique s'était dégradée plus qu'attendu.
 
«Voeux pieux»
 
Parmi les grands pays de la zone euro, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne ont fait part de leur satisfaction des délais donnés par la Commission, contrairement à la France.
 
Certains économistes ont cependant remis en question la crédibilité des nouvelles dates butoirs.
 
Ce sont «des voeux pieux», a jugé Sylvain Broyer, économiste chez Natixis, pour qui la Commission «agit comme s'il n'y avait pas de crise».
 
«Manquer de crédibilité» 
 
Selon lui, les pays européens ne pourront pas être assez rapides, «d'abord parce que la croissance est insuffisante».
 
Pour Jean Pisani-Ferry, de l'institut européen Bruegel, dans «une situation si dégradée», les objectifs de Bruxelles «risquent de manquer de crédibilité».
 
Selon les dernières prévisions économiques de la Commission, le déficit devrait atteindre 5% en Allemagne en 2010, 8,2% en France, 10,1% en Espagne ou 14,7% en Irlande.
 
Les trois quarts des pays de l'UE sont sous le coup de procédures pour déficit excessif.
 

Et vous qu'en pesnez-vous? La France doit-elle continuer dans la voie du déficit ou bien obéir à Bruxelles?