« Ce n'est pas une entité abstraite, c'est notre argent »

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Quel est l'état de la Sécu, en dehors de la crise ?

En 2010, la moitié du déficit sera sans rapport avec la crise, comme en 2009. Il vient de notre incapacité à empêcher les dépenses d'assurance-maladie d'augmenter plus vite que la création de richesses par l'économie. Si nous avions suivi l'exemple des Suédois, depuis 1980, nous aurions économisé 30 milliards d'euros. Cette situation est aggravée par l'arrivée prévisible des baby-boomers à la retraite. En 2000, 485 000 Français ont eu 60 ans. En 2007, ils étaient 820 000.

Le budget de la Sécu voté pour 2010 est-il tenable ?

Il aggrave la dette qu'il faudra bien payer un jour. Les Français doivent comprendre que la Sécu n'est pas une entité abstraite. Il s'agit de notre argent, de notre solidarité. C'est toujours nous qui payons. Un jour, il faudra donc augmenter les impôts, réduire les prestations ou maîtriser les dépenses, voire les trois. Les Allemands, eux, ont su s'en sortir. Ils dépensent un peu moins et surtout n'ont pas de dettes. W

Recueilli par Angeline Benoit